07.11.2008

L’accessoire indispensable.

Sur ma table de nuit, j’ai deux montres. Ça faisait bien un an qu’elles attendaient tranquillement qu’un jour ou l’autre je me décide à en remettre une. Car avec le nombre d’appareils qui indiquent l’heure chez moi ou dans la rue, je n’en avais plus vraiment d’utilité. Mais ça, c’était avant. Avant que les grumeaux déboulent dans ma vie.

Alors il a fallu faire un choix. Laquelle des deux ?

 

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Facile ! Adieu la féminité et le bon goût, bonjour aspect pratique. Parce que les grumeaux ont un rythme de vie bien à eux : un biberon toutes les trois heures, de jour comme de nuit. Il paraît que c’est normal et que ça va encore durer un moment. Et c’est la nuit justement que la Baby-G devient un allier indispensable. Parce que la nuit, j’ai un peu de mal à additionner les heures (ou toute autre chose d’ailleurs). La nuit, mon cerveau se met en mode veille, question de survie neuronique j’imagine. Mais les deux hurleurs de la pièce d’à côté ne connaissent pas encore le mode nuit. Alors après chaque biberon, je réinitialise le chronomètre de ma montre. Et c’est parti pour 2 heures à 2 heures trente de sommeil (enfin, ça c’est dans le meilleur des cas). Pas besoin de compter, d’additionner ou de soustraire, il suffit juste de lire le temps écoulé. Et ça, même mon cerveau endormi et quelque peu affaibli par la récente grossesse y arrive.

Mais la montre top-fashion n’est qu’un de mes nouveaux accessoires hyper féminins !

02.11.2008

Le 23 octobre

 

 

En fait, je dois commencer le 22 octobre.

22 octobre dans la soirée : Demain ? pas demain ? Impossible de savoir. Surtout, je n’y crois pas, ça ne peut pas être demain. L’homme non plus n’y croit pas. Nous faisons une photo du gros ventre. Comme ça, juste au cas où. Et nous passons une nuit sereine car dans nos esprits, les grumeaux attendront encore une semaine.

Le 23 octobre, 8h40, en quittant l’appartement, je vérifie que je n’oublie pas mes clefs et que j’ai suffisamment d’argent sur moi pour payer le taxi au retour. Nous quittons l’appartement, convaincus que dans une heure moi je serai de retour et que l’homme sera au travail.

9H : nous entrons dans la salle d’attente.

9H05 : échographie. Les bébés vont très bien. Le col est à 1 cm.

9H07 : assis face à GFM, il faut prendre une décision. G1 n’est pas prêt à sortir mais G2 risque de souffrir si nous attendons trop longtemps. Et là encore, la médecine n’est pas hyper précise. Longtemps ? ça ne veut rien dire.

9H09 : nous sommes incapables de prendre la décision.

9H10 : GFM a décidé : ce sera aujourd’hui. ‘Vous m’avez fait confiance jusqu’à maintenant, alors faites moi confiance aujourd’hui.’ Soit.

9H14 : nous sortons du cabinet de GFM. Direction la clinique où un bloc opératoire nous est réservé pour 11H30.

10H45 : nous sommes dans la chambre.

11H35 : visiblement, il y aura un peu de retard.

11H45 : une infirmière passe. Nous remplissons les petits cartons avec le nom des bébés pour mettre dans leur berceau. Ça devient plus concret.

12H14 : l’anesthésiste passe me voir, la même que pour la ponction de FIV2. Elle m’explique les effets de la péridurale. Même pas peur.

12H36 : GFM arrive. Il y a un peu de retard. Il a un autre accouchement avant moi. On se revoit au bloc dans une heure.

12H45 : le pédiatre arrive. Il est rassurant mais m’explique que l’unité de néonatalogie est prévenue de la naissance de jumeaux à 36SA.

13H10 : on vient me chercher. L’homme ne peut pas me suivre tout de suite. L’angoisse monte un peu.

13H12 : j’entre dans le bloc. Je vois la pendule face à moi. Mise en place du cathéter et des différentes sondes.

13H20 : l’anesthésiste pose la péridurale. L’angoisse à ce moment là ne vient pas de ce qui se passe dans mon dos mais plutôt en face de moi : deux infirmières préparent le matériel de réanimation pour les bébés. Un grand merci au docteur Janine (une des 3 obstétriciens présents à mon accouchement) pour m’avoir tenu la main et m’avoir rassurée.

A partir de là, je perds la notion du temps. Tout va très vite. Les deux autres gynécologues arrivent. Le champ opératoire est installé. J’ai l’impression que ça va commencer mais mon homme n’est pas là. Je leur demande d’attendre. Il arrive. L’opération démarre. GFM annonce que G1 va arriver. Je demande à ce qu’on baisse le champ opératoire. Mon homme est debout à mes côtés. G1 est sorti mais je ne le vois pas encore. Il est entièrement dehors, la tête en bas, je le vois. Le pédiatre le prend en charge. Je ne l’ai pas entendu crier. Ça y est, il crie. Beaucoup. Déjà, GFM annonce G2. Ça prend un peu plus de temps, il a le cordon autour du coup. Tenu par les pieds au dessus de mon ventre, je le vois. Il crie. Le second pédiatre le prend en charge. On relève le champ opératoire mais ce qui se passe à ce niveau-là n’a aucune importance pour moi. J’entends mes deux bébés qui crient. Je pleure. On pose G2 à côté de ma tête. Il est beau Je le trouve beau. On le reprend. Puis c’est G1 qu’on me présente. Très beau aussi. Enfin, on pose mes deux bébés à côté de moi. Le pédiatre joue les photographes : première photo de famille. Les pédiatres emmènent G1 et G2, l’homme part avec eux. L’équipe gynéco finit son boulot : ‘vous pourrez remettre un bikini !’. Les médecins m’embrassent avant de quitter la salle. Deux infirmières nettoient la Bétadine sur mon ventre et mes cuisses. Les sensations reviennent progressivement dans mes jambes.

Il est 14H30, je sors du bloc.