17.11.2008

Ma quarantaine

Après les 72 heures passées à la clinique (et encore, parce que j’avais les grumeaux, le tarif pour un seul bébé, c’est 48h), j’ai eu droit aux instructions de mise en quarantaine.

Les suites de césarienne c’est donc 40 jours :

- Sans galipette. En même temps, avec mon ventre tout mou, la cicatrice et le manque de sommeil, j’aurais plutôt la libido en berne.

- Sans porter de poids. Là, c’est un peu plus compliqué car ne pas pouvoir se baisser pour récupérer un objet par terre, c’est handicapant. Surtout quand l’objet est un bébé. Attention, j’ai pas dit que je faisais tomber mes bébés par terre, c’est juste que si quelqu’un les met dans leur transat, je ne peux pas les récupérer. Sauf si le transat est au pied du canapé où là, en plusieurs étapes, j’arrive à me baisser, choper la petite chose hurlante et me redresser avec elle.

- Sans cuisiner. Il paraît que la chaleur, ce n’est pas terrible pour la cicatrisation. Et bizarrement, j’ai plein d’envie de cuisine en ce moment. Sûrement une histoire de compensation, de trouver le plaisir là où on peut, quelque chose comme ça. Mais pour cela il faut du temps et de l’énergie alors je bave devant mon écran en visitant des blogs cuisine, j’accumule les recettes pour ‘plus tard’ (dans une autre vie ?) et je mange ce que je peux quand je peux.

- Sans sport. Et surtout pas d'abdominaux. Aucun problème : je n’ai pas le temps et si je l’avais, je choisirais l’option sieste réparatrice plutôt que la séance transpiration.

- De pertes de sang. Là, surprise. Personne ne m’avait prévenue. Innocemment, j’imaginais qu’on accouchait, qu’on saignait un peu (quand même, je ne suis pas complètement blonde) puis qu’on attendait tranquillement le fameux retour de couche. Pas du tout, les saignements ne s’arrêtent pas. Pire, ils jouent à cache-chache. Un jour on est là, pas le lendemain, bref tu ne sais plus sur quel pied danser et tu te trimballes toujours avec des protections.

J’en suis au 25ème jour de ma quarantaine. D’ici deux semaines, j’ai bon espoir de reprendre une vie plus active et autonome. Le problème, c’est que si mes nuits restent aussi actives qu’aujourd’hui, restera le problème de l’énergie et du manque de sommeil. Et pour ça, les grumeaux ne m’ont pas encore donné de délai.

02.11.2008

Le 23 octobre

 

 

En fait, je dois commencer le 22 octobre.

22 octobre dans la soirée : Demain ? pas demain ? Impossible de savoir. Surtout, je n’y crois pas, ça ne peut pas être demain. L’homme non plus n’y croit pas. Nous faisons une photo du gros ventre. Comme ça, juste au cas où. Et nous passons une nuit sereine car dans nos esprits, les grumeaux attendront encore une semaine.

Le 23 octobre, 8h40, en quittant l’appartement, je vérifie que je n’oublie pas mes clefs et que j’ai suffisamment d’argent sur moi pour payer le taxi au retour. Nous quittons l’appartement, convaincus que dans une heure moi je serai de retour et que l’homme sera au travail.

9H : nous entrons dans la salle d’attente.

9H05 : échographie. Les bébés vont très bien. Le col est à 1 cm.

9H07 : assis face à GFM, il faut prendre une décision. G1 n’est pas prêt à sortir mais G2 risque de souffrir si nous attendons trop longtemps. Et là encore, la médecine n’est pas hyper précise. Longtemps ? ça ne veut rien dire.

9H09 : nous sommes incapables de prendre la décision.

9H10 : GFM a décidé : ce sera aujourd’hui. ‘Vous m’avez fait confiance jusqu’à maintenant, alors faites moi confiance aujourd’hui.’ Soit.

9H14 : nous sortons du cabinet de GFM. Direction la clinique où un bloc opératoire nous est réservé pour 11H30.

10H45 : nous sommes dans la chambre.

11H35 : visiblement, il y aura un peu de retard.

11H45 : une infirmière passe. Nous remplissons les petits cartons avec le nom des bébés pour mettre dans leur berceau. Ça devient plus concret.

12H14 : l’anesthésiste passe me voir, la même que pour la ponction de FIV2. Elle m’explique les effets de la péridurale. Même pas peur.

12H36 : GFM arrive. Il y a un peu de retard. Il a un autre accouchement avant moi. On se revoit au bloc dans une heure.

12H45 : le pédiatre arrive. Il est rassurant mais m’explique que l’unité de néonatalogie est prévenue de la naissance de jumeaux à 36SA.

13H10 : on vient me chercher. L’homme ne peut pas me suivre tout de suite. L’angoisse monte un peu.

13H12 : j’entre dans le bloc. Je vois la pendule face à moi. Mise en place du cathéter et des différentes sondes.

13H20 : l’anesthésiste pose la péridurale. L’angoisse à ce moment là ne vient pas de ce qui se passe dans mon dos mais plutôt en face de moi : deux infirmières préparent le matériel de réanimation pour les bébés. Un grand merci au docteur Janine (une des 3 obstétriciens présents à mon accouchement) pour m’avoir tenu la main et m’avoir rassurée.

A partir de là, je perds la notion du temps. Tout va très vite. Les deux autres gynécologues arrivent. Le champ opératoire est installé. J’ai l’impression que ça va commencer mais mon homme n’est pas là. Je leur demande d’attendre. Il arrive. L’opération démarre. GFM annonce que G1 va arriver. Je demande à ce qu’on baisse le champ opératoire. Mon homme est debout à mes côtés. G1 est sorti mais je ne le vois pas encore. Il est entièrement dehors, la tête en bas, je le vois. Le pédiatre le prend en charge. Je ne l’ai pas entendu crier. Ça y est, il crie. Beaucoup. Déjà, GFM annonce G2. Ça prend un peu plus de temps, il a le cordon autour du coup. Tenu par les pieds au dessus de mon ventre, je le vois. Il crie. Le second pédiatre le prend en charge. On relève le champ opératoire mais ce qui se passe à ce niveau-là n’a aucune importance pour moi. J’entends mes deux bébés qui crient. Je pleure. On pose G2 à côté de ma tête. Il est beau Je le trouve beau. On le reprend. Puis c’est G1 qu’on me présente. Très beau aussi. Enfin, on pose mes deux bébés à côté de moi. Le pédiatre joue les photographes : première photo de famille. Les pédiatres emmènent G1 et G2, l’homme part avec eux. L’équipe gynéco finit son boulot : ‘vous pourrez remettre un bikini !’. Les médecins m’embrassent avant de quitter la salle. Deux infirmières nettoient la Bétadine sur mon ventre et mes cuisses. Les sensations reviennent progressivement dans mes jambes.

Il est 14H30, je sors du bloc.