29.11.2008

Glamourous Maman

Il est des femmes pour lesquelles la maternité renforce la féminité. C’est même une étape obligatoire pour vivre pleinement leur féminité. Ce n’est pas mon cas, je l’ai déjà dit. Et dans les faits, depuis la naissance, c’est encore pire !

Première accessoire incontournable et tellement sensuel : la ceinture ‘post-accouchement’, appelé également gaine par les plus de 60 ans. Ici, c’est systématique, ça fait partie des indispensables à avoir dans la valise pour la maternité. Bien sagement, j’avais donc investi dans la fameuse ceinture :

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Les deux premiers jours suivants l’accouchement, sur prescription de mon gynéco, les infirmières m’ont bandé le ventre. Sensation plutôt agréable : on se sent maintenu et on ne voit pas le ventre tout flasquouille. Le troisième matin, avant de rentrer chez moi, je décide donc d’enfiler ma ceinture. Ou plutôt je me débats dans la salle d’eau pour trouver un moyen de refermer la gaine sur mon ventre. Face à la difficulté de l’opération, l’homme, appelé en renfort, déclare très forfait : mission impossible. Et alors que les infirmières, que j’ai implorées de me bander une journée de plus, arrivent, elles demandent à voir la petite ceinture. Pour elles aucun problème, j’allais rentrer dans cette cuirasse et, moi allongée sur le lit, une de chaque côté, elles ont réussi à emprisonner mon corps dans ce corset. Depuis, j’en ai racheté deux autres, chaque fois un peu plus petite.

Pour compléter l’équipement tue-l’amour, il y a la culotte. La vraie culotte Sloggi. Attention, pas le petit string gai et coloré, non la vraie culotte intégrale qui remonte jusqu’aux aisselles. La culotte que tu n’auras pas honte, pour une fois, à donner à laver à ta grand-mère, limite elle risque de la mélanger avec les siennes.

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Alors ok, ce n’est pas terrible mais finalement, le coton, c’est hyper confortable et puis au moins avec la maxi-culotte, aucun risque de la voir chatouiller la cicatrice.

Et là je suis heureuse de ne pas avoir à ajouter à la liste les coussinets d’allaitement ou le tire-lait.

02.11.2008

Le 23 octobre

 

 

En fait, je dois commencer le 22 octobre.

22 octobre dans la soirée : Demain ? pas demain ? Impossible de savoir. Surtout, je n’y crois pas, ça ne peut pas être demain. L’homme non plus n’y croit pas. Nous faisons une photo du gros ventre. Comme ça, juste au cas où. Et nous passons une nuit sereine car dans nos esprits, les grumeaux attendront encore une semaine.

Le 23 octobre, 8h40, en quittant l’appartement, je vérifie que je n’oublie pas mes clefs et que j’ai suffisamment d’argent sur moi pour payer le taxi au retour. Nous quittons l’appartement, convaincus que dans une heure moi je serai de retour et que l’homme sera au travail.

9H : nous entrons dans la salle d’attente.

9H05 : échographie. Les bébés vont très bien. Le col est à 1 cm.

9H07 : assis face à GFM, il faut prendre une décision. G1 n’est pas prêt à sortir mais G2 risque de souffrir si nous attendons trop longtemps. Et là encore, la médecine n’est pas hyper précise. Longtemps ? ça ne veut rien dire.

9H09 : nous sommes incapables de prendre la décision.

9H10 : GFM a décidé : ce sera aujourd’hui. ‘Vous m’avez fait confiance jusqu’à maintenant, alors faites moi confiance aujourd’hui.’ Soit.

9H14 : nous sortons du cabinet de GFM. Direction la clinique où un bloc opératoire nous est réservé pour 11H30.

10H45 : nous sommes dans la chambre.

11H35 : visiblement, il y aura un peu de retard.

11H45 : une infirmière passe. Nous remplissons les petits cartons avec le nom des bébés pour mettre dans leur berceau. Ça devient plus concret.

12H14 : l’anesthésiste passe me voir, la même que pour la ponction de FIV2. Elle m’explique les effets de la péridurale. Même pas peur.

12H36 : GFM arrive. Il y a un peu de retard. Il a un autre accouchement avant moi. On se revoit au bloc dans une heure.

12H45 : le pédiatre arrive. Il est rassurant mais m’explique que l’unité de néonatalogie est prévenue de la naissance de jumeaux à 36SA.

13H10 : on vient me chercher. L’homme ne peut pas me suivre tout de suite. L’angoisse monte un peu.

13H12 : j’entre dans le bloc. Je vois la pendule face à moi. Mise en place du cathéter et des différentes sondes.

13H20 : l’anesthésiste pose la péridurale. L’angoisse à ce moment là ne vient pas de ce qui se passe dans mon dos mais plutôt en face de moi : deux infirmières préparent le matériel de réanimation pour les bébés. Un grand merci au docteur Janine (une des 3 obstétriciens présents à mon accouchement) pour m’avoir tenu la main et m’avoir rassurée.

A partir de là, je perds la notion du temps. Tout va très vite. Les deux autres gynécologues arrivent. Le champ opératoire est installé. J’ai l’impression que ça va commencer mais mon homme n’est pas là. Je leur demande d’attendre. Il arrive. L’opération démarre. GFM annonce que G1 va arriver. Je demande à ce qu’on baisse le champ opératoire. Mon homme est debout à mes côtés. G1 est sorti mais je ne le vois pas encore. Il est entièrement dehors, la tête en bas, je le vois. Le pédiatre le prend en charge. Je ne l’ai pas entendu crier. Ça y est, il crie. Beaucoup. Déjà, GFM annonce G2. Ça prend un peu plus de temps, il a le cordon autour du coup. Tenu par les pieds au dessus de mon ventre, je le vois. Il crie. Le second pédiatre le prend en charge. On relève le champ opératoire mais ce qui se passe à ce niveau-là n’a aucune importance pour moi. J’entends mes deux bébés qui crient. Je pleure. On pose G2 à côté de ma tête. Il est beau Je le trouve beau. On le reprend. Puis c’est G1 qu’on me présente. Très beau aussi. Enfin, on pose mes deux bébés à côté de moi. Le pédiatre joue les photographes : première photo de famille. Les pédiatres emmènent G1 et G2, l’homme part avec eux. L’équipe gynéco finit son boulot : ‘vous pourrez remettre un bikini !’. Les médecins m’embrassent avant de quitter la salle. Deux infirmières nettoient la Bétadine sur mon ventre et mes cuisses. Les sensations reviennent progressivement dans mes jambes.

Il est 14H30, je sors du bloc.