04.01.2008

Dans la série...

Le 2 janvier 2007 le verdict OATS tombait. Un an plus tard, le 2 janvier 2008 un autre verdict tombait : FIV ICSI 2 négatif. Et comme si cela n’était pas suffisant, nous avons su aujourd’hui que les 2 embryons qui auraient être congelés n’ont pas résisté : un s’est arrêté à 6 cellules et le développement du dernier s’est arrêté alors qu’il avait atteint 8 cellules. Cette tentative que nous attendions, que nous envisagions plus sereinement car avec un protocole plus léger n’aura pas lieu. Un nouvel espoir s’envole. Encore un.

Aujourd’hui, J1 post-FIV. Soit J1 de C19 et nous démarrons notre 3ème année d’essai bébé (et ne venez pas me dire que 19 cycles en 2 ans, c’est pas possible, qu’il en manque !). Alors j’ai revu GFM (enfin pour le moment les miracles ne sont pas encore au rendez-vous mais il va falloir qu’il y arrive vu que la cigogne ne sait pas où j’habite, que le père Noël m’a oublié et que je suis fâchée avec l’Autre là haut). Bilan, mes ovaires sont encore bien gonflés, tellement qu’on dirait un sac de balles de golf à l’écran ! Mais il reste confiant. Pour lui je suis jeune (forcément, comme il n’y a pas de limite d’âge pour bénéficier de l’AMP ici  il – en même temps bénéficier n’est pas le bon terme quand on voit les tarifs pratiqués), nous sommes capables d’obtenir des embryons donc nous obtiendrons une grossesse. Et déjà, il sait ce qu’il va modifier lors du prochain protocole. Car oui, on ne jette pas l’éponge, on va recommencer. On laisse ce cycle se passer tranquillement et dans environ 6 semaines (oui, les cycles de 28 jours, je trouve ça trop commun) on recommence.

Du coup, je me demande bien ce que je vais pouvoir raconter ici pendant 6 semaines…

20.12.2007

Give me 5

24 heures, non pas à essayer de sauver le monde face à une terrible menace terroriste comme Jack Bauer, mais 24 heures à attendre pour savoir ce que devenait notre récolte. Et les nouvelles sont plutôt bonnes :

-          - 11 follicules ponctionnés

-         -  7 ovocytes matures

-          - 5 embryons en plein développement

5 embryons ! Et j’espère vraiment que parmi les 2 embryons qui seront transférés samedi matin il y aura au moins un champion avec tout le bagage génétique et les qualités nécessaires à son implantation. D’autant plus qu’à la dernière échographie, M. l’Endomètre se préparait à accueillir dignement ces squatteurs. Et si jamais la chance nous tourne le dos une fois encore, on pourra compter sur des embryons congelés.

Alors voilà, à partir de maintenant, au diable la cigogne et autre gri-gris qui ont montré leur inutilité ! Seul compte le Père Noël. Et contrairement à des milliers d’enfants impatients, je vais être tolérante avec le Père Noël : j’accepte un léger retard dans la livraison de mon cadeau cette année, disons une dizaine de jours… En plus, j’ai été hyper sage : j’ai bien fait toutes mes piqûres toute seule comme une grande, j’ai accepté toutes les échographies, j’ai même commencé à prendre ma dose de progestérone quotidienne et exceptionnellement je lui accorde un délai de livraison. Alors difficile de trouver enfant plus sage et plus méritant que moi cette année. Et qu’on ne vienne pas me dire que le Père Noël n’existe. Ou alors que ce n’est que pour les enfants…et bien justement, il s’agit d’enfants là.

19.12.2007

Ponction : OK

Comme prévu, à 8heures tapantes ce matin, nous étions à la clinique. Bien sûr, nous avons dû attendre. Et comme à chaque fois (c’est terrible de dire ça, mais ça y est, j’ai mes habitudes FIV, des points de comparaison, etc.), j’avais très peur d’ovuler avant l’heure, peur que soudainement mon corps s’affole et finisse en urgence la maturation des follicules. Ben apparemment, il n’y a pas eu de crise de panique interne et des follicules ont pu être ponctionnés. 11. 11 follicules ont été ponctionnés et ça ne veut rien dire. Aucune information sur les ovocytes : l’attente va être terrible à partir de maintenant. Demain, en milieu de matinée on en saura un peu plus sur l’état des ovocytes, leur maturité. Attendre 24 heures pour savoir si des ovocytes ont été fécondés, puis encore attendre pour savoir s’ils se développent normalement, s’ils tiennent le coup, combien ils sont… Et tout ça n’est que le début de l’attente…

En attendant, je vais bien. La ponction a été réalisée sous sédation donc retour rapide à la normale, ou plutôt réveil rapide, pour le retour à la normale, c’est un tout petit peu plus long. Aucun saignement cette fois-ci, du coup, j’ai des doutes : et s’ils avaient oublié de réaliser la ponction ? D’autant plus que pour le moment, j’ai plutôt l’impression d’avoir un énorme ballon de baudruche dans le ventre.

Côté réjouissance, j’attaque la progestérone ce soir. Je crois qu’il n’existe pas de meilleur tue-l’amour que les ovules de progestérone. Surtout que là, le GFM y va à fond : 4 ovules par jour, régulièrement répartis dans la journée. Que du bonheur !

23.10.2007

Fiv1, l’heure des bilans

Il est grand temps de tourner définitivement la page de cette première tentative de fiv. (C’est surtout que je ne peux pas continuer à ruminer ça indéfiniment : ça ne sert à rien et ce n’est pas très bon pour mon moral). J’avais, grâce à une petite mine bien malheureuse, obtenu un rendez-vous avec le chez du service de PMA (d’ailleurs, il fait mini d’être débordé cet homme là mais à 17H30, j’étais sa dernière consultation de la journée et il n’avait pas de retard –presque c’est louche tout ça…). Enfin bref, petit rendez-vous pour envisager plus sereinement la suite. Bilan :

-       Mon Homme et moi, on est parfaitement capable (avec un gros coup de pouce médical, mais qu’importe) d’obtenir des embryons.

-       Je réponds bien à la stimulation ovarienne, un peu trop même mais ce n’est pas vraiment un problème.

-       Le taux ovocyte matures/ovocytes recueillis n’est pas folichon (40% dans notre cas contre 70% normalement) mais il n’y a pas vraiment d’explication.

Donc d’après lui, c’est plutôt positif. Le seul changement a éventuellement envisagé serait de passer à un protocole court. Enfin, j’ai quand même un petit peu eu l’impression qu’il me disait ça pour me montrer qu’il pouvait prendre des décisions et modifier mon protocole mais sans grande conviction. Car si on démarre trop doucement la stimulation, il risque d’y avoir un follicule dominant qui, par un moyen encore secret, bloque le développement des autres follicules. Une stimulation plus importante ne servirait à rien car on accroîtrait le risque d’hyperstimulation sans avoir aucune garantie sur l’amélioration de la maturité des ovocytes recueillis. Bref pas si simple de trouver le bon dosage…

Et quant à savoir pourquoi ça n’a pas marché ??? Et bien, une fois le transfert réalisé, c’est un dialogue cellulaire entre l’embryon et la muqueuse utérine. Et visiblement ce coup-ci, ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde. J’espère que mon corps aura résolu ses petits problèmes de communication avec nos embryons SDF pour la prochaine tentative.

03.10.2007

Ponction : H-18

On y est : la ponction doit avoir lieu demain matin vers 9 heures. Et à l'approche de cette échéance, j'ai doublement peur : peur que ça ne se passe pas bien et peur de basculer dans la phase où je ne maîtrise plus rien.

A priori, la ponction est un geste parfaitement maitrisé mais j'angoisse quand même un peu à l'idée de cette aiguille qui va transpercer un vingtaine de fois ma paroi vaginale (enfin, si on se fie au comptage de follicules réalisé à la dernière échographie). De toute façon, je serai dans les vap' donc ça ne devrait pas être une expérience traumatisante.

Mais une fois que la ponction sera réalisée, plus rien ne sera entre mes mains. Je vais devoir laisser faire les choses. En fait, je ne maitrisais déjà rien depuis le début du protocole, mais le fait d'avoir un rôle actif avec les piqures me donnait l'illusion d'une part de contrôle. A partir de demain, ce ne sera plus du tout le cas. Bref, l'expérience fiv va se transformer une grande leçon d'humilité : il va falloir que j'accepte que nos embryons (si nous en obtenons) aient ou non toutes les qualités nécessaires à une implantation et un développement. Il faut que j'accepte de ne pas être maître du destin de mes embryons, pas plus que je ne le serai plus tard du destin de mes enfants. Et peut-être que cette part non-maitrisée est un bien : malgré tout le côté médicalisé de la fiv, le miracle de la vie restera quand même un miracle.

31.08.2007

Temps perdu ?

Début du protocole fiv1 dans une dizaine de jours. Et donc, dans environ 45 jours, j’attendrai fébrilement les résultats d’une prise de sang. Et je sais déjà que je serai seule à ce moment là (l’homme devant repartir très vite travailler – faut bien qu’il y en ait un qui se charge des économies pour assumer la marmaille à venir). Alors, suivant les conseils du biologiste, je suis allée voir la psychologue rattachée au service de PMA. L’idée de départ étant simple : je la rencontre une première fois, histoire de faire connaissance et pour que ce soit plus facile d’aller vers elle lorsque je m’écroulerai à l’annonce d’un résultat négatif…

Ouais, ça c’est la théorie. Parce que franchement, pas terrible terrible comme premier contact. OK, elle n’est pas méchante. Et à la fin de l’entretien, elle m’explique gentiment qu’il ne faudra pas que je m’offusque si elle me repose les mêmes questions lors de leur prochaine rencontre car elle ne prend pas de note… Et là, je ne suis pas convaincue par la méthode. Je m’imagine super bien avec un moral dans les chaussettes, voir pire, cherchant un soutien pour repartir et continuer à y croire après l’échec d’une première fiv et madame la psychologue en train de me reposer les mêmes questions pas hyper pertinentes (ou alors je n’ai pas compris la subtilité de l’échange).

Bon peut-être que j’ai un regard un peu critique aujourd’hui car il faut quand même dire qu’aller voir une psychologue quand tout va bien, ce n’est pas non plus une démarche des plus normales. Mais tout de même, je me demande bien ce qu’elle voulait savoir, et ce qu’elle a déduit de mes réponses…

 

Quelques extraits de l’entretien :

 

Madame la psychologue de PMA :  - On vous a parlé du risque d’avoir des jumeaux, ça vous fait peur ?

La fille infertile morte de peur à l’idée d’une fiv1 ratée (moi quoi) : Carrément ! (et vu sa tête, je n’ai pas osé lui dire que même un seul, ça me faisait peur. Que quelqu’un ose me dire qu’il ne panique pas à l’idée d’être parents – ou alors dites-moi si le kit pour devenir des parents parfaits était livré de série chez vous que je puisse contacter le service client de mes parents.)

 

MLPDPMA : - Comment sont vos rapports avec votre mère ?

LFIMDP… : - Normaux (mais qu’est ce que ça vient faire là dedans !)

 

MLPDPMA : - Quels sont vos rapports avec votre belle-mère ?

LFIM…. : - Inexistants.

MLPDPMA : - Ah…

LFIM… : - elle est décédée. (et là encore je ne comprends pas vraiment ce qu’elle cherche à comprendre).

 

MLPDPMA : - Vous êtes mariée depuis combien de temps ?

LFIM… : - On n’est pas marié. T’as pas vu qu’il y avait 2 noms sur le dossier !? (bon je ne lui ai pas vraiment dit ça, mais je crois qu’elle a senti que je le pensais : trop forte pour lire ne vous la psychologue !)

 

Voilà, je l’ai rencontré, on a fait connaissance, elle ne se souviendra pas de moi la prochaine fois, et j’espère ne pas la revoir. Ben oui, la revoir signifiera échec fiv…

 

Et comme j’étais dans le service PMA, je suis passée voir les secrétaires et sages-femmes qui, toujours très accueillantes et sympathiques, m’ont aidé à affiner mes prévisions.

10.05.2007

Délai de réflexion : 1 mois !

Parce qu’il était écrit que ça ne serait définitivement pas simple pour nous d’avoir un enfant, à chaque fois qu’on règle un problème, on en découvre un autre.

Donc 1er problème : nous habitons pour l’instant à plus de 10000 kilomètres de la France. Bon finalement, en planifiant et en anticipant bien les choses on arrive à s’en sortir…

2ème problème : le test de transfert à faire avant le protocole mais dans la première partie de cycle. Là c’est tout de suite plus difficile à planifier. Parce que bien sûr je ne fais pas partie de la catégorie des filles réglées pile poil à 28 jours. Non, moi je suis beaucoup plus fantaisiste que cela. Et hop, un cycle de 29 jours, hop, un autre de 46, entre temps un de 35 jours. Tout ça c’est bien rigolo ça évite la monotonie mais bon, c’est pas hyper pratique pour planifier quoique ce soit relatif à une ovulation.

3ème problème : la fermeture du centre de PMA entre le 15 juillet et le 15 août ! Bon je ne peux pas leur en vouloir de prendre des vacances, mais ça m’aurait bien arrangé de pouvoir avoir mes rdv pendant mes vacances à moi justement !

Et alors que finalement, tout semblait s’organiser presque au mieux, catastrophe ! me voilà très sereine en train d’appeler le centre de PMA en France pour avoir tous mes rdv. Et dans ma lancée, hop je décide, soyons fous, de prendre aussi celui avec le biologiste. Parfait on le prend et la secrétaire me demande le nom de mon conjoint. Innocemment je lui demande pourquoi, s’il faut qu’il soit présent.

La secrétaire :- Ma pauvre dame, mais bien sûr qu’il doit être là, c’est obligatoire.

La pauvre dame infertile (moi quoi) - Ah ben voilà, ça ne va pas être possible, on a qu’à faire ça juste avant le début du protocole.

LS- ah euh, je ne sais pas. Je vous passe le biologiste.

(en fait  ça dure bien 3 minutes l’attente)

 

Le biologiste : Bonjour

LPDI(MQ) - Bonjour. Voilà j’ai un petit problème mon conjoint et moi ne pouvons pas être présents tous les 2 au rdv et …

LB - Et bien si je ne vous voie pas tous les 2 avant, je ne ferai pas de fiv.

LPDI(MQ) - et si vous me voyez moi plus d’un mois avant, je prends bien le temps de la réflexion, j’en parle avec mon conjoint, et vous le voyez lui juste quelques jours avant la ponction et …

LB- Ah non madame, ça ne marche pas comme ça. Si vous venez seule, je ne vous recevrai même pas. C’est la loi, et il faut un délai de réflexion de 1 mois entre les informations et la fiv !

 

Et voilà, j’ai plu qu’à me ronger les ongles (et à vendre 1 rein pour payer ma facture de téléphone). Quel esprit tordu a eu l’idée de ce délai de réflexion d’un mois. Certainement pas une personne confrontée au problème de l’infertilité. Car les délais de réflexion, c’est bon, j’en ai déjà un stock monstrueux ! 17 mois que j’ai arrêté la pilule, on a eu le temps de réfléchir à notre envie d’enfant. 5 mois qu’on sait qu’on est un couple infertile, on a eu le temps d’y penser. Et 2 mois qu’on sait que ce sera une fiv ICSI, on commence à être bien documentés et informés sur le thème. Alors ajouter un mois de plus, je ne suis vraiment pas convaincue de l’intérêt.

Et pour l’instant, la seule solution qu’on ait ça va être de supprimer la meilleure partie de mes vacances… Alors si jamais on arrive à avoir un enfant un jour, ce pauvre petit il ne le sait pas encore mais avant même d’être né, il aura déjà épuisé son capital je-vais-chier-mes-parents.

16.04.2007

Le verdict

Le verdict est tombé le 2 janvier à 9h53: infertilité.

L’horreur. J’avais rendez-vous à 10h pour une hystérographie et avant d’y aller, je passe au laboratoire récupérer les résultats du spermogramme de mon Homme. Je déchire l’enveloppe, cherche frénétiquement La ligne et découvre, oh désespoir, un pauvre petit chiffre bien ridicule. Et même si je ne suis pas une pro en lecture de résultat de spermogramme, je sais bien que 4 millions ce n’est vraiment pas assez.

Alors je me retrouve là, allongée sur une table bien froide avec ce drôle de liquide qui doit permettre de voir si mes trompes sont en bon état.

Apparemment tout va bien.

Bien sûr, des fois je suis une courge et je n’avais pas pensé une seule seconde que le produit radio opaque joliment teinté en rose,  après être rentré, il allait bien falloir qu’il ressorte ! Du coup je me retrouve avec la serviette Vania d’avant la guerre –mais gracieusement donnée par la radiologue- collée au fond de ma culotte.

Mon gynécologue prend le temps de me voir entre 2 rendez-vous. Il a l’honnêteté de me dire les choses clairement :  « n’attendez pas de miracle et dirigez-vous vers le centre de PMA. »

11h18 : j’ai été bien maligne de faire ma fière ce matin alors que mon Homme me proposait gentiment de m’accompagner ‘Non, pas besoin. Ce n’est rien du tout’. Oui ben si je n’avais pas fait la femme indépendante qui n’a pas peur d’aller chez le gynécologue pour un examen spécial, ben je ne serais pas là à me demander comment je vais bien pouvoir lui annoncer que ses petits zoïdes non seulement ne sont pas assez nombreux mais qu’en plus ils sont tordus et pas très vaillants.

En fait à voir ma tête, il a vite compris qu’il y avait un problème. Je ne sais plus exactement comment ça s’est passé… J’ai pleuré, il a accusé le coup, silencieux. Et puis parce qu’il est fort, parce qu’il a cette force de toujours tout positiver, il m’a dit « Bon, ben on va avoir des jumeaux » et ça nous a fait rire.

11h51 : nous voilà à taper ‘FIV ICSI’ sur google.

Le lendemain nous faisons notre première visite au centre de PMA, juste pour avoir des infos, une idée des plannings, etc. Et malgré leur déménagement, une biologiste très sympa nous renseigne. Prochain passage en France en avril, on peut espérer au mieux une fiv en septembre. Voilà, un an après avoir jeter ma dernière plaquette de pilule je peux faire une croix sur le bébé 2007. Ce sera au mieux un bébé en 2008….