06.05.2009

Le rôle de sa vie

Les grumeaux ont eu 6 mois il y a quelques jours. G2 a déjà 2 petites dents, parfaitement inutiles car voisines et non opposées. Ils grandissent vite, trop vite peut-être. Ou pas. Contrairement à beaucoup de mère, je ne suis pas nostalgique des premiers mois, les mois larves intégrales. J’attends même avec impatience qu’ils grandissent encore un peu, qu’ils deviennent plus intéressants. Je ne suis pas une bonne mère. Je suis une mère aimante, présente par la force des choses (mais si j’en avais la possibilité, j’aurais déjà repris le boulot –boulot que je n’ai toujours pas trouvé) mais vraiment pas parfaite pour le rôle.

J’aime mes fils, je suis infiniment fière d’eux, de leurs petites dents, de leurs progrès. Je ne peux m’endormir sans les avoir admirés une dernière fois, sans avoir pris cette bouffée de bonheur que me procure le simple fait de les regarder dormir, sereins, dans leur lit. Mais je ne suis pas une bonne mère. Je m’ennuie très vite avec eux. Je me suis déjà lassée de lire l’histoire de la poule et du petit chien. Pire, je ne supporte plus la musique du livre du petit chien qu’ils adorent tellement qu’il suffit de la fredonner pour qu’ils retrouvent le sourire. De ce manque de patience avec mes tout petits nait un sentiment de culpabilité : cela va-t-il nuire à leur développement ? Pourrai-je rattraper ces moments plus tard, quand les grumeaux seront plus intéressants et plus intéressés ? Je l’espère…

23.04.2009

Les chiffres qui fachent

Les grumeaux ont 6 mois aujourd’hui. Ils adorent se manger les pieds, les leurs ou ceux de l’autre. Ils ne tiennent pas encore bien assis seul, ou si peu de temps que ça ne compte pas. Ils commencent à se regarder, à se sourire, à se toucher. La fonction interactivité est enfin opérationnelle. Je les trouve de plus en plus beaux. Le soir, avant d’aller me coucher, j’adore faire le plein de fierté-bonheur en les observant dormir.

Les grumeaux ont 6 mois aujourd’hui. J’ai enfin retrouvé mon poids d’avant les grumeaux, d’avant les différentes fiv. Pourtant il y toujours deux pantalons et une jupe que je n’ai pas osé essayer mettre. Inutile de se faire du mal. Malgré ce qu’indique ma balance, je vois bien mon ventre flasque et mes fesses molles. Et puis j’ai enfin regardé la vérité en face, pris le mètre-ruban et demandé à mon homme de mesurer. Je n’aurais jamais du. Impossible maintenant d’ignorer le problème :

Tour de poitrine : -3 cm (Chaque fiv a grignoté un peu de ma poitrine)

Tour de taille : + 4 cm (pas de surprise, ça se voit !)

Tour de hanche : + 2 cm (je sentais bien que mes vêtement avait plus rétréci en largeur qu’en hauteur)

Tour de cuisse : + 2 cm (là, c’est la très mauvaise nouvelle. Je n’avais pas l’impression d’avoir grossi de la cuisse)

Voilà, sachant que les 3 cm perdus en haut sont irrécupérables, il me reste donc 8 cm à perdre. Alors c’est décidé, demain, je prends mon abonnement à la salle de gym !

03.03.2009

Vrac

D’ici une quinzaine de jours, nous serons en France pour deux semaines. Et si les 24 heures de voyage de porte à porte m’angoissent déjà, il y a une autre question que me tracasse : que peut-on faire « en vacances » avec des grumeaux de 5 mois ? Des idées ?

Le pédiatre m’a fait peur ce matin et il me conseille de voir un neuro-pédiatre juste parce qu’un grumeau trouve beaucoup plus drôle de garder les mains derrière le dos quand on le pose sur le ventre et qu’il lève la tête. Et moi, mère névrosée, je me suis précipitée pour prendre rendez-vous…

Il me reste toujours deux kilos à perdre. Je pensais que ces kilos étaient uniquement cachés sous forme de graisse autour de ma taille, je viens de découvrir qu’ils ont aussi envahi les fesses. Ou alors j’ai la fesse qui tombe. Peut importe le pourquoi du comment mais maintenant, je transpire du pli de la fesse, pli qui n’existait pas il n’y a pas si longtemps. Et ce n’est pas agréable.

J’avais prévu de m’acheter un nouveau jean en rentrant en France, projet mis en péril par le point précédent.

Je viens de terminer ‘Les formidables aventures d’un indien malchanceux que devient millionnaire’ (livre dont est tiré ‘Slumdog Millonaire’). Trois mois pour lire un livre !!! Lecture et grumeaux semblent souffrir d’une légère incompatibilité …

Mais là, mes fils dorment tous les deux alors pour la première fois depuis 4 mois, je vais pouvoir m’assoir face à mon piano.

03.01.2009

Déprim'An

Début d’année difficile : nuit trop courte, hormones instables ou petit baby blues à retardement…

Comme tout le monde j’ai pris mes bonnes résolutions du 1er janvier (et comme tout le monde cette année, je jure de m’y tenir) :

- Retrouver mon poids pré-grumeaux. Car si les 17 premiers kilos ont fondu comme neige au soleil, il en reste 3 de solidement ancrés. Et 3 kilos, c’est suffisant pour rendre une garde-robe inutilisable…

- Trouver un job. Un an et demi que je ne fais rien (enfin, on se comprend) et ça commence à me peser. Encore quelques mois comme ça et je ne serai plus que ‘la femme de’ ou ‘la mère des grumeaux’. Il y a des femmes qui s’épanouissement entièrement dans leur rôle de femme au foyer mais je réalise que je n’en fais pas partie (en tout cas pas encore).

- Etre plus organisée. Avec mes nouvelles responsabilités de mère de famille, je ne peux plus me permettre d’oublier la moitié des choses, de tout faire à la dernière minute, etc.

Rien d’exceptionnel comme résolution mais cette année, j’ai une pression supplémentaire : je ne veux décevoir personne. Je veux voir les yeux de mon homme briller quand il me regarde, je veux que mes fils ne manquent de rien, je souhaite trouver un bel équilibre entre vie privée comblée et vie professionnelle (inexistante pour le moment).

Ajouté à tout ça, le départ des grands-parents, et ça donne une maman morte de peur ! Dans 2 jours, la vie va reprendre son rythme et ce sans l’aide de grands-parents hyper disponibles (malgré leurs conseils et les mauvaises habitudes) ni celle du papa (faut bien qu’il y en ait un pour ramener de quoi nourrir les grumorfaloux.)

Rendez-vous dans un mois pour l’objectif n°1, 3 mois pour l’objectif 2 et…un an pour le 3ème !

A tous, une douce et belle année pleine de bonnes résolutions tenues !

26.12.2008

Montagnes russes

Les grands-parents ont débarqué il y a 10 jours. Première rencontre avec leurs premiers petits-fils, ils sont sous le charme (mais très sincèrement, je doute de leur objectivité). Depuis leur arrivée, mon moral joue les montagnes russes.

Points positifs :

- C’est agréable d’avoir de l’aide pour le biberon de nuit

- C’est touchant de voir mon père faire les cent pas dans le salon, un grumeau dans les bras parce que tu comprends, il n’aime pas quand on est assis.

- C’est reposant d’avoir deux paires de bras supplémentaires pour consoler des grumeaux grognons.

Points négatifs :

- C’est fatigant les conseils de ses parents

- C’est agaçant de voir que les grumeaux prennent de mauvaises habitudes

- C’est pénible de sentir la tension monter entre mon homme et sa belle-mère, de voir l’un devenir agressif, l’autre se vexer pour un rien, l’humour devenir narquois…

- C’est compliqué de prévoir les sorties (faut bien rentabiliser le voyage jusqu’ici), les repas pour 4, etc.

Dix jours de cette cohabitation délicate et pourtant je sais déjà que j’aurai la gorge nouée quand dans une semaine l’appartement retrouvera son calme agitation habituelle. Pointe de tristesse de ne plus voir les grands-parents s’extasier devant mes fils, culpabilité de priver les grumeaux de la présence de grands-parents, arrière-grands-parents, oncles, tantes et cousins. Je crois que les hormones me jouent encore des tours…

29.07.2008

Tellement injuste

L’infertilité est d’une grande injustice, ce n’est pas une grande révélation. Mais parfois, il semble que le sort s’acharne sur certains couples.

Aujourd’hui, je pense beaucoup à elle, à eux. C’est à la quatrième FIV que le résultat était enfin positif. Et alors que s’achevaient les 12 premières semaines de cette grossesse tant attendue, alors même qu’on pense le risque de fausse-couche écarté, qu’on commence vraiment à se projeter dans la grossesse, le pire arrive : le cœur du fœtus s’est arrêté. Terrible diagnostic dans tous les cas, mais encore plus cruel  quand il arrive après tant d’efforts pour concevoir un enfant.

Aujourd’hui, une femme a subit un curetage. Ce n’est malheureusement surement pas la seule, mais je connais son histoire qui pendant longtemps était la même que la mienne. Je l’ai vue reprendre espoir après les échecs, rester forte et confiante, être présente pour soutenir les autres. Aujourd’hui, je pense à elle et je réalise combien la vie peut être injuste.

14.02.2008

Coup de blues pré-fiv

Un peu perdue à quelques jours d’un nouveau traitement. De plus en plus peur de l’échec, difficile de trouver la sérénité nécessaire  à une nouvelle tentative. Où chercher le courage pour les futures injections en sachant qu’après tous ces efforts il n’y aura peut-être rien. Et pourtant, il faut continuer à y croire. Et quelque part, j’y crois encore. Heureusement. Mais si je ne crois plus en une aide supérieure, j’ai aussi perdu une partie de ma foi pmanesque. Alors qu’il y a moins de 6 mois, je débutais un protocole persuadée que la FIV était la solution miracle à notre problème, aujourd’hui je sais qu’il faut que je me prépare au deuil d’un enfant biologique. Et je n’y arrive pas encore. Alors forcément, un nouvel échec m’obligerait, nous obligerait à envisager très sérieusement une autre façon de devenir parents.

Tant d’espoirs dans la prochaine tentative de FIV et tellement peur d’un nouvel échec…

22.01.2008

Et Dieu dans tout ça ?

Pendant longtemps, j’y ai cru. J’ai cru qu’il y avait un Dieu, qu’il était là et serait toujours là. Je dois avouer que ma foi était loin d’être parfaite mais jamais je ne l’avais remis en cause. Mais ça c’était avant, avant la première FIV. Pour la première fois dans ma vie je lui ai demandé quelque chose. Je ne demandais pas un miracle (je reste réaliste), je demandais juste un petit coup de pouce, le petit plus qui ferait que ces deux embryons que je portais puissent devenir des vies. Et même, j’acceptais que son aide se concentre sur une seule vie. Mais il ne m’a pas entendue, ou pas écoutée. Ou il n’est tout simplement pas là parce qu’il n’y a jamais été. Bien sûr, si ma foi était plus grande, plus parfaite, j’accepterais cela sans rien dire, presque je pourrais le remercier de ces épreuves qu’il nous fait traverser. Mais je ne suis pas ainsi. Non moi je lui ai tourné le dos. Et je ne pensais pas que ce soit aussi définitif et pourtant… Je suis retournée dans une église il y a quelques jours (ben oui, ce n’est pas parce que je suis fâchée avec lui que je ne vais pas assister au mariage de ceux qui sont encore ses potes). Et je me suis que quitte à être là, autant en profiter pour discuter avec lui. Mais je n’y arrive plus. Je n’y crois plus. Pendant des années on m’a fait croire, et j’ai bien voulu y croire, qu’il était là pour nous, mais la seule fois où je lui ai demandé de l’aide, même pas il m’a écoutée. Et je trouve cette trahison d’autant plus terrible que je demandais de l’aide pour une bonne cause, juste une vie, une fragile vie. Les médecins avaient fait tout le travail, ne lui restait qu’un petit souffle magique à ajouter. Mais il ne l’a pas fait. J’aurais compris qu’il ne m’indique pas les bons numéros pour le prochain tirage du loto, ou qu’il refuse de m’indiquer la meilleure planque pour cacher un cadavre. Mais comment a-t-il pu refuser d’aider à l’éclosion d’une vie. Je ne peux plus y croire et ça m’attriste car croire en sa présence répondait à bien des questions pour moi. Mais il n’est pas, ou certainement pas tel qu’on me l’a présenté. Et tel qu’il est, et bien je n’ai pas besoin de lui.

A l’annonce de l’infertilité, j’ai perdu l’espoir d’une grossesse spontanée, d’une grossesse comme tout le monde. Et avec l’échec de la FIV, j’ai perdu la foi, le peu de foi que j’avais.

03.01.2008

Nouvel échec

Découvrir hier soir le résultat négatif. Pleurer. Avoir mal. Se détester pour avoir été incapable, une fois encore, de prendre soin, de garder, ces 2 embryons. Sentir cette sourde douleur intérieure, sans pouvoir la localiser. Etre perdue, vidée. Et en même temps, savoir déjà que tôt ou tard, on retrouvera la force de recommencer.

Et puis réaliser tout ce que cela signifie : de nouvelles règles à rallonge, un corps qu’il va falloir se réapproprier, un corps dont je voudrais sortir, un corps inutile. De nouveaux examens, encore des consultations médicales, des traitements. Encore l’espoir un jour et tellement peur de l’échec. Penser à tout abandonnner, changer d’avis dans la seconde qui suit. Avoir mal.

Et puis ce matin, affronter le miroir au réveil et découvrir les traces laissées par les larmes de la veille. Chercher la force de repartir mais elle nest pas encore là. Toujours perdue dans ce long parcours qui devient un combat. Personne ne devrait avoir à mettre tant d’effort et de souffrance pour avoir un enfant.

Deuxième tentative, deuxième échec.

29.12.2007

Transfert : J+8

Déjà une semaine passée depuis le transfert. Drôle de semaine car drôle de transfert.

Tout démarre normalement : on nous fixe un rendez-vous à 10 heures, on nous fait attendre une bonne heure et on me demande de me préparer. Je m’installe pour le transfert (joliment vêtue d’une charmante blouse bleue plus que minimaliste) et là l’homme n’est pas obligé de m’accompagner. Soulagé, il attendra tranquillement dans la chambre. Le transfert se fait tranquillement, avec un contrôle échographique classique. Ensuite, le médecin vérifie par une écho endo-vaginale que les embryons sont bien dans l’utérus et qu’ils ne  sont pas ressortis avec le cathéter. Je n’ai même pas eu l’idée de demander comment ils faisaient mais j’imagine qu’ils se débrouillent pour qu’il y ait suffisamment d’air autour des embryons pour qu’ils restent visibles à l’échographie pendant quelques minutes. Ensuite, une des nombreuses assistantes relève la dernière partie de la table pour que je puisse tranquillement poser mes jambes sur la table. Et on me laisse là, allongée, les jambes légèrement pliées, seule à attendre. Et quand on est seule à moitié nue avec deux embryons dans l’utérus, on perd vite la notion du temps.

J’étais sereine, je me déplaçais avec précaution pour protéger le trésor qu’on venait de me confier avec l’espoir de voir notre attente récompensée dans quelques jours… Et puis nous sommes passés dans le bureau du GFM pour signer les derniers papiers : oui nous souhaitons congeler les 2 embryons restants (le 5ème n’est déjà plus, la sélection naturelle est passée par là), oui si l’un de nous meurt, l’autre peut conserver les embryons (et oui, nous profitons de la loi locale), non nous ne  souhaitons pas conserver les embryons en cas de séparation, et oui nous nous engageons à payer les frais pour la conservation de nos embryons. Et puis là, le médecin commence à parler de nos embryons. Ils n’avaient que 6 cellules et lui aurait préféré qu’ils atteignent les 8 cellules. 6 cellules, c’est le minimum à 3 jours, mais il trouve ça curieux que, vu mon âge, les embryons n’aient pas atteint les 8 cellules. Il nous parle déjà des prochaines tentatives et des solutions qu’il pourra mettre en œuvre en cas d’échecs répétés. Et revient encore une fois sur les 6 petites cellules. Bref, il m’inquiète, me démoralise. Ok, c’est le minimum mais ça ne veut pas dire que ça ne peut pas marcher. En quelques minutes, il a réussi à réduire à néant mes espoirs. Et depuis une semaine, je me torture mentalement : qu’est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi suis-je incapable de fabriquer des ovocytes de premiers choix ? Pourquoi ??? Mon homme essaie de me rassurer, il m’explique que le message du gynéco, très maladroit, avait pour seul objectif de nous montrer qu’il avait des solutions et qu’en cas d’échec, nous aurions tout intérêt à recommencer dans cette clinique et à ne pas nous tourner vers la concurrence.

Voilà, il reste encore 5 jours avant la prise de sang qui conclura cette seconde tentative et j’ai très peur de devoir affronter un nouvel échec.

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