16.10.2009

L'intrus

Je l’ai vu, il pointait droit sur ma tête. Fier qu’il était, unique parmi les autres. Je l’ai arraché pour en avoir le cœur net, pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une déformation du miroir, une distorsion des couleurs due à un mauvais éclairage de la salle de bain.

Horreur ! Une fois dans ma main je n’ai pu que constater l’évidence : j’avais bien un cheveu blanc. Je ne sais pas à quelle vitesse poussent ces choses là mais comme il mesurait bien 6 ou 7 cm, j’imagine que cela fait déjà plusieurs semaines que cet intrus squattait mon cuir chevelu.

J’ai 32 ans et demi et des cheveux blancs. Soyons honnêtes, je n’en ai débusqué qu’un seul mais je doute qu’il soit le seul. Il s’agissait juste du plus aventureux de la tribu des indésirables venu s’installer aux premières loges. Les autres vivent encore cachés, bien à l’abri derrière leurs confères fidèles à leur couleur d’origine eux.

J’ai bien demandé à mon homme d’évaluer, avec un regard objectif, l’étendu des dégâts. Mais à 8 heures le matin, dans l’ascenseur, l’objectivité de l’homme n’existe pas. Son instinct de survie est bien réveillé et il trouve la bonne réponse pour éviter une crise ‘j’ai-la-trentaine-des-cheveux-blancs-un-corps-que-je-ne-reconnais-pas’ et affirme que non, il ne voit absolument aucun autre intrus sur ma tête.

A 32 ans, les premiers signes de dégénérescence sont là. Un entretien plus régulier de ma coiffure s’impose, une remise à niveau régulière de mes mèches et le bonheur d’un coiffeur qui va fidéliser une nouvelle cliente.

18.09.2009

Marquée

Mes enfants sont nés par césarienne. Un accouchement programmé, un peu par tradition locale, un peu pour raison médicale. Je l’ai su dès le début de la grossesse, je n’ai jamais fantasmé un autre accouchement que celui-là, je n’ai pas été déçue.

Sur le bas de mon ventre, cachée de tous, elle est là. Onze mois après, la cicatrice est toujours un peu boursoufflée, légèrement rouge. Chez certaines femmes, elle est pratiquement invisible. Sur moi, elle est bien présente. Pour ne pas oublier que, malgré un parcours difficile et long, j’ai porté mes enfants. Je l’aimerais un peu discrète alors je la masse avec une crème spéciale deux fois par jour. Néanmoins, j’aime cette marque, ce rappel permanent de ma maternité, ce souvenir d’un accouchement tant attendu. Je suis mère, définitivement. Mon corps en portera toujours la trace.

27.01.2009

Drôle de question

Ça y est, mon corps a enfin redémarré. Je ne vais plus avoir à trimballer avec moi le kit ‘retour de couche’. Fini les protections d’avant-guerre option grand-mère qui attendent dans la salle de bain au cas où ce soit un déluge. C’est passé, des règles pratiquement normales, peut-être un peu plus longues que d’habitude mais ce n’est même pas sûr…

« La contraception, à vous de choisir la vôtre ! » disait la dernière campagne d’information. Soit, moi j’avais comme l’impression que l’infertilité c’était pas mal comme option mais il paraît que ce n’est pas fiable. Que peut-être que mon corps, ayant réussi à faire des grumeaux, pourrait avoir gardé le mode d’emploi sous le coude et s’en servir tout seul…Mouais, j’y crois pas trop. Mais comme rien n’est impossible, que franchement, on va attendre un peu pour envisager une nouvelle extension de la famille et surtout qu’après la césarienne mon GFM m’a formellement interdit de tomber enceinte dans les 6 premiers mois, il a bien fallu mettre en place un plan anti-reproduction.

Alors quelle est la mienne ? De contraception. J’ai rapidement fait le tour du sujet et je veux bien prendre le risque d’une grossesse spontanée, risque très très mesuré quand on se souvient qu’il nous a fallu 3 ans pour obtenir une grossesse. Reprendre la pilule aujourd’hui, attendre un cycle qu’elle soit efficace et l’arrêter au 6ème mois des grumeaux, c’est du grand n’importe quoi. Alors pour nous, ce sera régime préservatifs pour les trois prochains mois. Après, advienne que pourra. Juste retrouver le plaisir du sexe sans calcul, sans prise de température, sans l’obsédante question de savoir si ça a marché. Tout en laissant la possibilité à un petit miracle de pointer le bout de son nez (ben quoi, on peut rêver non ?)

21.10.2008

Premier bilan

A quelques jours (J-2 ?? J-6 ??) de l’accouchement, l’heure d’un petit bilan sur la grossesse.

Kilos : +20 !!!! Bon je ne me suis pas vraiment stressée pour ça. Et comme, ils se sont essentiellement installés dans le ventre j’ai bon espoir de ne pas les garder trop longtemps. De toute façon, les bonnes résolutions sont déjà dans les placards de la cuisine : finis les Frosties, on repasse aux corn-flakes sans sucre ; plus de tablettes de chocolat dans le frigo (mais dans quelques mois, elles seront sur mes abdos et ceux de l’homme – un peu d’ambition ne peut pas nuire).

Nausées : je ne sais pas ce que c’est. Tant mieux, mais ça explique peut-être le premier point…

Envies : là, je crois que j’aurais du en profiter un peu, histoire d’envoyer l’homme à l’autre bout de la ville pour me trouver …quoi d’ailleurs ? Peut-être une attirance plus prononcée qu’à l’ordinaire pour les pizzas (là encore, ça expliquerait en partie le premier point).

Sciatique : même pas mal. A peine de légères douleurs lombaires, facilement explicable par les fameux 20 kilos.

Vergetures : Merci l’Huile magique ! Jusqu’ici, tout va bien.

Problèmes : mes pieds d’éléphants ! J’ignorais que mes jambes pouvaient se transformer en réservoir d’eau, ni même que ça pouvait être douloureux. Mais il paraît que ça ne dure pas après l’accouchement.

Contractions : si je n’en avais pas eu au cours d’une échographie, je n’aurais jamais su qu’il s’agissait de contractions. Et encore aujourd’hui, difficile pour moi de faire la différence entre une contraction et les moments où les deux bébés s’agitent en même temps (et ils s’agitent).

Bref, si on oublie les trois premiers mois et les ovaires gros comme des pamplemousses, presque je pourrais me vanter d'avoir eu une grossesse parfaite. Pourvu que l’accouchement le soit tout autant.

04.10.2008

Eléphantesque

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Cette fois c’est sûr, je sais où sont les kilos grossesse qui ne sont pas ni des bébés, ni des seins, ni des amas sanguinolents et autres liquides nécessaires au bon développement des bébés. Ces kilos mystères, venus de nulle part, se logent dans les jambes, et plus précisément dans la partie inférieure des jambes. Après une rapide estimation, je pense avoir au moins un demi-litre d’eau stockée au niveau de chaque pied et à peu près autant entre la cheville et le genou. Ok, mes chevilles n’ont jamais été (du moins je le pense) mon atout charme n°1, mais aujourd’hui, elles seraient carrément devenues un complexe, voir même un handicap. Car si l’éléphant reste majestueux avec ses pattes, j’ai du mal à garder ma dignité de femme enceinte avec mes poteaux. J’ai l’impression de progressivement franchir la frontière entre la simple gène et la douleur. Les massages me procurent un véritable soulagement, mais leurs effets sont de plus en plus limités dans la durée. Et alors que je pensais que mes balades sur la plages dans l’eau fraiche étaient La solution, j’ai découvert qu’elles ne faisaient que déplacer le problème : par quelques phénomènes bien curieux, l’eau migre dans mes mains. Maintenant je me retrouve face à un bien cruel dilemme : marcher les mains en l’air ou m’allonger avec les pieds surélevés…

Et comme les grumeaux se plaisent bien dans leur squatte utérin, je vais garder mes attributs éléphantesque pendant 4 bonnes semaines d’après les prévisions de GMF. Mais il paraît que c’est pour le bien des bébés….

25.09.2008

Nina les doigts de fée

La salle d’attente du cabinet de gynécologie, il y a quelques temps. L’homme m’a rejoint pour assister à l’échographie. Et en attendant notre tour, nous entendons les autres patientes parler de leurs massages drainants. Toutes semblaient avoir un masseur attitré pour améliorer leur situation de femme enceinte. A peine sortis, l’homme me dit que je devrais moi-aussi penser au massage lymphatique. Bizarrement, alors qu’il y a mille choses que j’oublie de faire malgré les reminders de outlook et autres post-it dispersés dans l’appartement, ça je n’ai pas oublié. Immédiatement j’ai pris contact avec une physiothérapeute.

Depuis maintenant 2 mois, toutes les semaines je pense une heure entre les mains magiques de Nina. Une heure de détente et de bien être. A la fin de la première séance, j’ai eu un choc : je me suis sentie légère des chevilles ! Elle avait réussi à soulager, certes temporairement, mes jambes lourdes. Et comme ce phénomène étrange de gonflement des chevilles et des pieds semble plutôt s’amplifier au cours de la grossesse, j’apprécie de plus en plus ces massages.

Merveille des merveilles, en bonne professionnelle, Nina a noté que je semblais avoir quelques douleurs lombaires (je crois que mes difficultés à passer de la position allongée sur le dos à la position allongée sur le côté l’ont mise sur la voie). Du coup, lors de la dernière séance, elle m’a fait faire quelques étirements pour soulager le bas de ma colonne vertébrale. Là encore, une véritable révélation : comment 3 petits mouvements même pas douloureux peuvent m’apporter un soulagement immédiat ? Qu’importe le pourquoi du comment, il faut que d’urgence je forme l’homme pour bénéficier de ce répits entre deux séances avec la pro.

23.09.2008

Miraculeuse ?

J’avais mal estimé ma consommation, ou la surface à traiter. Certainement la surface à traiter, beaucoup plus importante de jour en jour. Et quand j’ai voulu anticiper l’inéluctable fin du dernier flacon, j’ai découvert une rupture générale dans tout le pays… Plus le flacon miraculeux se vidait, plus j’imaginais les premières vergetures apparaître, la fin des maillots deux pièces, voire même la chirurgie esthétique…

Et puis, il y a une semaine, je reçois un mail magique : mon produit est en stock ! Preuve qu’il est parfois utile de cocher les petites cases ‘Alertez-moi quand le produit sera disponible’ (et voir sa boîte mail envahie de promotions et autres publicité). Deux fois plus cher qu’en France ! Qu’importe si ma dignité de femme sur la plage doit être à ce prix ! Et ce matin, le soulagement lorsque le livreur m’a confié ma précieuse commande.

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Il ne me reste plus qu’à espérer que l’huile magique tienne ses promesses pendant encore quelques semaines. Le test ultime : le 8ème mois de grossesse, celui qui devrait voir mes grumeaux franchir allègrement la barre des 2 kilos, entrainant des efforts de tension d’une rare intensité sur une peau déjà bien sollicitée. Mais j’y crois et mon dermato aussi (et à 120€ la consultation, son avis vaut de l’or !). Si l’Huile « Tonic » remplit son contrat, Clarins aura gagné sa plus fidèle cliente.

08.09.2008

Mère indigne

Après la théorie sur la naissance, place à la pratique sur les soins apportés au(X) nouveau(X) né(S) : chaque couple reçoit un poupon équipé d’un horrible bout de caoutchouc en guise de cordon ombilical et une couche.

Premier exercice, le bain ! Il faut des volontaires pour faire une démonstration devant l’assemblé. Soudainement j’ai l’impression d’être revenue 20 ans en arrière, quand je croyais encore que le fait de fixer intensément mes chaussures m’éviterait à coup sûr d’être interrogée. Mais là, contrairement à une classe de collégiens, il y avait des volontaires. Par contre, malgré le temps qui passent, les volontaires restent toujours les mêmes : s’ils ont levé la main, c’est qu’ils savent déjà tout faire ! Place donc au contraste saisissant entre les couples qui sont venus pour se rassurer sur leurs futures compétences de parents et les autres, une minorité, dont nous faisons partie. Et pendant que certains font les malins, d’autres apprennent, sous l’œil bienveillant de l’infirmière, à passer le bébé d’un bras à l’autre, d’une position à l’autre, etc. Par contre, notre poupon devait avoir une faiblesse dans l’épaule droite car au cours d’une manœuvre complexe de sortie de bain, son bras s’est malencontreusement détaché…

Couche, lavage du cordon, du nez, des yeux, emmaillotage, tout y passe jusqu’à la cruciale étape de l’allaitement. J’ai toujours dit que l’allaitement, ce n’était pas pour moi (et par conséquent pas pour mes enfants) en me gardant la possibilité de changer d’avis pendant la grossesse. Sauf que malgré la pression locale (95% des enfants sont allaités et 50% sont uniquement nourris au sein pendant leurs 6 premiers mois), je n’ai pas changé d’avis. Mais je me prête au jeu et apprends la position du ballon de rugby avec un certain amusement (et aussi pour prouver à l’homme que je n’ai aucun problème avec mon corps, c’est juste que je ne veux pas donner mes seins en pâture à deux grumeaux affamés). Tellement prise au jeu, j’aurais presque pu, une fois encore, retourner ma veste. Et c’est la que ma voisine de cours, dans un élan de générosité me prête son poupon pour que je puisse tester la même position avec 2 bébés ! Ce fut une révélation : je n’allaiterai pas ! Déjà la lecture que quelques articles sur l’allaitement de jumeaux avec leurs petits schémas m’avait troublée. Puis, afin de voir à quel point j’allais être une mauvaise mère, j’avais poussé le vice jusqu’à aller visiter le site de la leche league et même trouvé des photos de mères épanouies allaitant leurs deux marmots en même temps. Déjà face à ces images, ma culpabilité s’évanouissait déjà. Mais quand j’ai eu mes deux ballons-de-rugby-poupons aux seins, j’ai définitivement oublié tout sentiment culpabilisant : mes enfants seront nourris au lait maternisé, ils se feront leur immunité tout seul, au hasard de la vie et tant pis s’ils n’ont pas les 3 points de QI supplémentaires que certaines études farfelues attribuent aux enfants allaités. Et puis pour être une bonne mère indigne, il faut prendre les bonnes décisions dès le début!

 

06.08.2008

Féminin mon ventre ?

Ce n’est pas que j’ai un problème avec mon corps ou que j’ose me plaindre de mon état de femme enceinte mais franchement, je me suis déjà sentie plus attirante que depuis quelques semaines. Bizarrement, ces jolis ventres ronds qui me faisaient baver d’envie chez les autres femmes, chez moi, je ne trouve pas ça terrible. Et comme j’osais dire à des copines que non, sincèrement, je ne m’aimais pas vraiment ‘enceinte’, on m’a carrément accusée de refuser ma féminité !

Qu’est-ce que la féminité a à voir là-dedans ? Il semblerait que pour ces intégristes de la maternité, il y ait un lien. De mon côté, j’ai beau cherché, je ne le trouve pas. J’adore sentir mes petits envahisseurs s’agiter dans mon utérus et regrette de ne trouver les mots pour décrire ces sensations à l’homme mais mon profil dans le miroir ne me plaît pas. Je ne refuse pas la présence de ce ventre (et heureusement car il est plutôt du genre bien présent) mais je n’ai pas encore pu me résoudre aux traditionnelles photos nues durant la grossesse.

Ce pseudo problème n’a rien à voir avec le regard de l’homme qui ne semble pas perturbé par mes soudaines modifications morphologiques, juste que je me préférais quand le pèse-personne, qui aujourd’hui frôle les 70 kilos, restait bloqué sous les 60 ! Est-ce si grave ? En suis-je moins femme pour autant ? Ou alors, est-ce déjà les premiers symptômes de la parfaite mère indigne ?

28.04.2008

Madame Patate

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Combien de mensonges sur la grossesse me reste-t-il à découvrir ? Parce que depuis quelques temps, le mythe de la femme enceinte s’effondre. Le visage épanoui, le beau ventre arrondi, etc, je ne sais pas d’où viennent toutes ces idées mais j’ai la nette impression d’un complot universel ! Ou alors je n’ai vraiment pas de chance et je suis juste l’exception qui confirme la règle.

Fini les problèmes de peau ? La bonne blague ! Ma peau revit les pires heures de son adolescence : colonies de points noirs et affreux petits boutons trop nombreux pour être cachés ! Pour le reste du corps, je tartine matin et soir je m’enduis de beurre de karité et autre huile hyper hydratante pour tenter (si c’est possible) l’apparition de vergetures mais sans aucune garantie.

Mais où est donc cette silhouette de femme enceinte qui me faisait tant rêver il y a quelques mois encore ? Malgré un poids parfaitement maîtrisé au prix d’aucun effort (9ème semaine de grossesse et un poids identique à celui avant début du traitement), je ne rentre plus dans mes vêtements ! Impossible de fermer les boutons des pantalons, les fermetures Eclair des jupes restent désespérément bloquées à mi-parcours. Tout serait parfait si la cause de ces petits désagréments était un joli ventre rond immédiatement identifiable mais non ! Je ressemble à une patate ! Chez moi, l’évolution entre une femme et une femme enceinte avec un joli ventre passe par le stade patate (du moins, j’espère que ce n’est qu’une étape) !

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