28.10.2009

Un an

Nous avons fêté ça avec des amis, beaucoup d’amis. Une vingtaine d’enfants, tous aussi bruyants les uns que les autres. Je n’y tenais pas particulièrement mais il s’agit pratiquement d’une tradition locale. Limite j’ai eu l’impression que si je ne me pliais pas à cette habitude, la pire poisse allait coller aux basques de mes crapauds pour les 20 prochaines années.

Ils n’ont rien compris au concept de la bougie, pas plus qu’à celui des cadeaux. Par contre, ils ont profité des jeux d’extérieur loués pour l’occasion.

Ils ont un an et ne marchent toujours pas. J’ai toujours pensé qu’un enfant marchait à un an. Pas les miens. Je me sens un peu honteuse de ces deux paresseux mais leur trouve des excuses. Comme ils sont deux, on passe beaucoup moins de temps, deux fois moins à peu près, à se casser le dos pour tenir leurs petites mains accompagner leurs premiers pas dans tous les recoins de l’appartement. Mon dos est en vrac et mes petits attendent pour se lancer seuls.

Il y a donc un an, je devenais mère. Comme un aboutissement tant attendu. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Avec mes fils, j’ai découvert la fierté. Brute, envahissante mais tellement agréable. Et le bonheur simple et serein que peut apporter le rire en cascade de mes enfants.

Côté corps, malgré un poids revenu à son niveau d’avant traitement, j’ai du mal à reconnaître mon corps. Il y a ce ventre encore mou malgré les séances de footing, ce nombril qui n’a rien à voir à ce qu’était le mien, mes seins qui ne remplissent qu’à moitié mes soutien-gorge. Et puis un moral en dent de scie, partagée entre le bonheur de passer du temps avec mes enfants et la difficulté d’une vie de mère au foyer dont j’aimerais sortir. Petits tracas sans conséquence à côté du bonheur d’être mère. Et doublement.

28.05.2009

Complicité. Ou pas.

Les grumeaux ont une capacité hors du commun à s’ignorer. Placés face à face, ils sont capables de réaliser des prouesses de souplesse cervicale pour être certains de ne pas voir l'autre moitié de la paire (de grumeaux). A tel point que j’ai pensé avoir engendré des psychopathes : est-il possible qu’un être normalement équilibré refuse de voir son frère ? Et bien il paraît que oui. Qu’un bébé n’est absolument pas intéressé par un autre bébé, fut-il son jumeau. Vrai ou faux jumeaux, qu’importe ! Il paraît que les cas de jumeaux fusionnels dès la naissance sont plutôt l’exception que la norme. En tout cas c’est que j’ai lu et ça m’a rassurée : ils ne sont pas psychopathes, juste normaux.

Enfin, ça c’était avant. Depuis quelques jours, les choses changent. Elles changent beaucoup. Et puis hier, soudain, je les entends rire dans mon dos. Demi-tour vitesse de la lumière de la mère face à une situation inhabituelle : ils rigolent bien et … ensemble ! ça y est ! Ils ont enfin découvert qu’il y avait un autre et que cet autre semblait plutôt sympathique. Moment magique pour moi, ces deux cascades de rires, ce premier moment de complicité.

Et ce matin, après avoir habillé grumeaux2, je lui montre que son frère est encore endormi, bien sage, dans son lit, lui. Alors qu’il était penché sur le lit de son frère, il n’a pas eu le moindre regard pour ledit frère mais toute son attention s’est portée sur la boîte à musique. Boîte à musique qui il y a peu se trouvait dans le lit de G1. Adieu la complicité de la veille…retour à la case départ.

23.05.2009

Eux

Ils ont sept mois aujourd’hui et je les connais encore à peine.

Grumeau1 a les plus beaux yeux de la terre. Avec en plus un regard séducteur. Impossible de définir la couleur de ses yeux, subtile mélange de bleu, de vert et de marron-gris. J’imagine que ça ne va pas rester ainsi, que ça va se stabiliser vers une couleur plus précise. Dommage, ce mélange indéfinissable est tout simplement extraordinaire. Il ne dort pas beaucoup pendant la journée, n’aime pas être sur le ventre (sauf la nuit quand on lui interdit) et ne semble pas pressé de se déplacer. Il boit ses biberons et mange très proprement. Il a peur du mixeur et n’aime pas trop jouer à cache-cache avec un lange.

Grumeau2 a des yeux d’un bleu très clair, sorte de bleu polaire qui pourrait sembler glacial par moment. Un regard interrogateur, toujours dans la réflexion. Il joue le mystère. Il dort beaucoup, sauf le matin. Il adore être sur le ventre et tente déjà de se déplacer. C’est un grand fan du cache-cache et il éclate de rire facilement.

Côté communication verbale, ils n’ont pas l’air décidé à franchir le pas. Peut-être que le fait que grandir dans un environnement bilingue les perturbe un peu.

Depuis une dizaine de jours, nous avons enfin réussi à instaurer une routine journalière, avec des siestes simultanées et programmées. Bien sûr, la durée de la sieste n’est pas la même pour les deux mais là, ils dorment et j’ai au moins 45 minutes devant moi, 45 minutes pour moi. Alors je vais en profiter.

11.04.2009

Neuro quoi ?

Il y a quelques semaines, mon pédiatre, enfin celui des grumeaux, me conseillait m’emmener G1 voir un neuro-pédiatre. Mon bébé à moi aurait un retard de développement. Tout ça juste parce que quand on le met sur le ventre, il trouve beaucoup plus fun de garder les bras derrière.

Moi je le connais bien et je sais qu’il va bien mon fils. Sauf qu’en fait, je ne le connais pas si bien que ça. Efnfin je n’en étais pas certaine. On a tous des exemples de parents qui n’avaient pas vu, ou n’ont toujours pas accepté, tel ou tel handicap chez leur enfant. Dure vérité qu’il peut être difficile d’affronter. Comment être sûre de ne pas faire partie de ces mères ?

Alors même si mon homme me conseillait juste de changer de pédiatre,  j’ai pris rendez-vous chez le neuro-pédiatre. Un peu inquiète, j’y suis arrivée avec mon grumeau souriant sous le bras. Pendant près d’une heure elle l’a observé, tourniquoté, balancé, assis, etc. Et vas-y que j’attire ton attention avec un pouet-pouet par là. Et que je te fais brrrrr à la figure. Bref, pendant une cinquantaine de minutes, elle a évalué l’état neurologique de mon bébé. Une éternité pour moi. Limite l’enfer. Puis le verdict est tombé : G1 va très bien, neurologiquement parlant MAIS il a un léger retard moteur.

Vous imaginez l’angoisse pour la mère d’entendre ça. Comme si mon fils à moi que j’aime, que j’ai porté pendant 8 mois, pouvait avoir le moindre problème ! Et la voilà en train de m’expliquer que du fait d’une mauvaise position intra-utérine, accentuée par la présence d’un co-jumeau plutôt envahissant, mon tout petit à moi a une raideur musculaire du côté droit, entrainant une gêne dans le mouvement des bras vers l’avant et donc un léger retard moteur. Mais ça se soigne : deux séances de kiné par semaine et en moins de trois mois, mon grumeau devrait rattraper son ‘retard’.

Alors forcément, quand je l’ai vue noter ‘retard moteur’, ça m’a fait mal. Mais quand je suis sortie de son cabinet et que j’ai vu son petit patient suivant et j'ai bien vite réalisé la chance que nous avons. G1 est né tout tordu soit, mais il a toutes les connexions nécessaires et quelques étirements auront raison de son retard. D’autant plus qu’après seulement 4 séances, on voit déjà les progrès. Ou alors c’est une fois de plus cette distorsion des sens si commun à la jeune maman ?

25.02.2009

Merci Laurence

Beaucoup de mes amis, déjà parents, m’assuraient qu’il était inutile d’acheter des livres sur l’éducation des enfants. Que chaque enfant est unique, qu’il est impensable qu’une personne qui n’a jamais vu mes enfants puisse me conseiller, etc. Alors je les ai écoutés. Dans un premier temps. Que bien sûr chaque enfant est unique et avec deux spécimens à la maison, je suis bien placée le savoir. Certes mes enfants sont uniques, ils n’en restent pas moins deux petits humanoïdes, ni plus malins, ni moins dégourdis que les autres. Bref, j’avais besoin de points de repère, de grandes lignes autour desquelles tisser mes propres chemins de traverse. Alors j’ai acheté le fameux ‘J’élève mon enfant’ de Laurence Pernoud.

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Bon il y a pas mal de référence à des bouquins de psychologies et de psychiatrie que je ne lirai jamais. Et limite ça me culpabilise. Mais il y a aussi de bons conseils. Au moins un. Et ce seul conseil a suffit à transformer ma vie :

« Entre 3 et 6 mois, le sommeil s’organise différemment pour bientôt ressembler à celui de l’adulte. Le bébé s’endort en sommeil lent, de plus en plus profond. Chaque cycle de sommeil dure environ une heure et se termine par une phase de sommeil paradoxal. Les 3-4 premières heures de nuit sont habituellement très stables. En revanche, à partir de minuit, un éveil bref survient à chaque changement de cycle. Il est important que l’enfant apprenne à se rendormir seul entre deux cycles de sommeil, ce qu’il fait facilement s’il se trouve dans une ambiance calme. Le prendre dans ses bras à ce moment-là peut le perturber. Apprendre à se rendormir seul entre deux cycles de sommeil est pour le bébé un réel apprentissage de l’autonomie ».

Depuis que je laisse mes fils pleurer la nuit faire l’apprentissage de l’autonomie, mes nuits et les leurs sont bien meilleures. Mieux, voilà trois nuits que je ne me lève pas. Par contre, Laurence n’explique pas comment leur faire comprendre que la nuit peut se poursuivre même après 6 heures du matin…

05.02.2009

Presque

J’y ai cru. Vraiment, j’ai cru qu’à trois mois et une semaine ils avaient enfin décidé de gouter au plaisir d’une nuit complète. C’est arrivé par surprise, alors que je ne l’espérais plus. Sans prévenir, une nuit, ils ne se sont pas réveillés. Enfin, si peu. Juste un petit grognement, des pleurs qui commencent et tout seul, il s’était rendormi sans même me laisser le temps de me lever pour voler à son secours. Après un tel exploit, j’ai naïvement pensé que les nuits suivantes ne seraient qu’une fade et pale copie de cette nuit magique. Raté !

Soyons positif et voyons le biberon à moitié plein. Sur deux bébés, 50% ne se réveillent plus la nuit. Les 50% restant ont malheureusement encore besoin de leur maman (peut-être qu’ils aimeraient aussi leur papa mais passée une certaine heure, ça devient très difficile de le voir se lever). Fort heureusement, la maman en question n’est utile que pour redonner une sucette égarée ou aider à prendre un pouce (le grumeau semble avoir quelques difficultés à fixer son choix), même plus besoin de préparer un biberon au milieu de la nuit.

La maman optimiste ne perd pas espoir. Ses fils courageux réussiront bien à affronter seuls les dangers de la nuit. Seuls ou avec le soutien moral de leur pouce qu’ils finiront bien par trouver même dans le noir. Ses grumeaux insomniaques comprendront bien qu’il n’est pas indispensable d’être debout avant le soleil (et ici, même en hiver, le soleil se lève tôt) pour profiter pleinement d’une journée.