28.05.2009

Complicité. Ou pas.

Les grumeaux ont une capacité hors du commun à s’ignorer. Placés face à face, ils sont capables de réaliser des prouesses de souplesse cervicale pour être certains de ne pas voir l'autre moitié de la paire (de grumeaux). A tel point que j’ai pensé avoir engendré des psychopathes : est-il possible qu’un être normalement équilibré refuse de voir son frère ? Et bien il paraît que oui. Qu’un bébé n’est absolument pas intéressé par un autre bébé, fut-il son jumeau. Vrai ou faux jumeaux, qu’importe ! Il paraît que les cas de jumeaux fusionnels dès la naissance sont plutôt l’exception que la norme. En tout cas c’est que j’ai lu et ça m’a rassurée : ils ne sont pas psychopathes, juste normaux.

Enfin, ça c’était avant. Depuis quelques jours, les choses changent. Elles changent beaucoup. Et puis hier, soudain, je les entends rire dans mon dos. Demi-tour vitesse de la lumière de la mère face à une situation inhabituelle : ils rigolent bien et … ensemble ! ça y est ! Ils ont enfin découvert qu’il y avait un autre et que cet autre semblait plutôt sympathique. Moment magique pour moi, ces deux cascades de rires, ce premier moment de complicité.

Et ce matin, après avoir habillé grumeaux2, je lui montre que son frère est encore endormi, bien sage, dans son lit, lui. Alors qu’il était penché sur le lit de son frère, il n’a pas eu le moindre regard pour ledit frère mais toute son attention s’est portée sur la boîte à musique. Boîte à musique qui il y a peu se trouvait dans le lit de G1. Adieu la complicité de la veille…retour à la case départ.

23.05.2009

Eux

Ils ont sept mois aujourd’hui et je les connais encore à peine.

Grumeau1 a les plus beaux yeux de la terre. Avec en plus un regard séducteur. Impossible de définir la couleur de ses yeux, subtile mélange de bleu, de vert et de marron-gris. J’imagine que ça ne va pas rester ainsi, que ça va se stabiliser vers une couleur plus précise. Dommage, ce mélange indéfinissable est tout simplement extraordinaire. Il ne dort pas beaucoup pendant la journée, n’aime pas être sur le ventre (sauf la nuit quand on lui interdit) et ne semble pas pressé de se déplacer. Il boit ses biberons et mange très proprement. Il a peur du mixeur et n’aime pas trop jouer à cache-cache avec un lange.

Grumeau2 a des yeux d’un bleu très clair, sorte de bleu polaire qui pourrait sembler glacial par moment. Un regard interrogateur, toujours dans la réflexion. Il joue le mystère. Il dort beaucoup, sauf le matin. Il adore être sur le ventre et tente déjà de se déplacer. C’est un grand fan du cache-cache et il éclate de rire facilement.

Côté communication verbale, ils n’ont pas l’air décidé à franchir le pas. Peut-être que le fait que grandir dans un environnement bilingue les perturbe un peu.

Depuis une dizaine de jours, nous avons enfin réussi à instaurer une routine journalière, avec des siestes simultanées et programmées. Bien sûr, la durée de la sieste n’est pas la même pour les deux mais là, ils dorment et j’ai au moins 45 minutes devant moi, 45 minutes pour moi. Alors je vais en profiter.

06.05.2009

Le rôle de sa vie

Les grumeaux ont eu 6 mois il y a quelques jours. G2 a déjà 2 petites dents, parfaitement inutiles car voisines et non opposées. Ils grandissent vite, trop vite peut-être. Ou pas. Contrairement à beaucoup de mère, je ne suis pas nostalgique des premiers mois, les mois larves intégrales. J’attends même avec impatience qu’ils grandissent encore un peu, qu’ils deviennent plus intéressants. Je ne suis pas une bonne mère. Je suis une mère aimante, présente par la force des choses (mais si j’en avais la possibilité, j’aurais déjà repris le boulot –boulot que je n’ai toujours pas trouvé) mais vraiment pas parfaite pour le rôle.

J’aime mes fils, je suis infiniment fière d’eux, de leurs petites dents, de leurs progrès. Je ne peux m’endormir sans les avoir admirés une dernière fois, sans avoir pris cette bouffée de bonheur que me procure le simple fait de les regarder dormir, sereins, dans leur lit. Mais je ne suis pas une bonne mère. Je m’ennuie très vite avec eux. Je me suis déjà lassée de lire l’histoire de la poule et du petit chien. Pire, je ne supporte plus la musique du livre du petit chien qu’ils adorent tellement qu’il suffit de la fredonner pour qu’ils retrouvent le sourire. De ce manque de patience avec mes tout petits nait un sentiment de culpabilité : cela va-t-il nuire à leur développement ? Pourrai-je rattraper ces moments plus tard, quand les grumeaux seront plus intéressants et plus intéressés ? Je l’espère…

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