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28.04.2008

Madame Patate

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Combien de mensonges sur la grossesse me reste-t-il à découvrir ? Parce que depuis quelques temps, le mythe de la femme enceinte s’effondre. Le visage épanoui, le beau ventre arrondi, etc, je ne sais pas d’où viennent toutes ces idées mais j’ai la nette impression d’un complot universel ! Ou alors je n’ai vraiment pas de chance et je suis juste l’exception qui confirme la règle.

Fini les problèmes de peau ? La bonne blague ! Ma peau revit les pires heures de son adolescence : colonies de points noirs et affreux petits boutons trop nombreux pour être cachés ! Pour le reste du corps, je tartine matin et soir je m’enduis de beurre de karité et autre huile hyper hydratante pour tenter (si c’est possible) l’apparition de vergetures mais sans aucune garantie.

Mais où est donc cette silhouette de femme enceinte qui me faisait tant rêver il y a quelques mois encore ? Malgré un poids parfaitement maîtrisé au prix d’aucun effort (9ème semaine de grossesse et un poids identique à celui avant début du traitement), je ne rentre plus dans mes vêtements ! Impossible de fermer les boutons des pantalons, les fermetures Eclair des jupes restent désespérément bloquées à mi-parcours. Tout serait parfait si la cause de ces petits désagréments était un joli ventre rond immédiatement identifiable mais non ! Je ressemble à une patate ! Chez moi, l’évolution entre une femme et une femme enceinte avec un joli ventre passe par le stade patate (du moins, j’espère que ce n’est qu’une étape) !

22.04.2008

Des Grumeaux

Sauf catastrophe (enfin tout dépend du point de vue), dans moins de 7 mois maintenant, nous serons parents non pas d’un mais de deux bébés. Et oui, nous cédons à la mode des jumeaux. Après McDreamy, après J-Lo, après Angelina et Brad, ce sera notre tour !!!

 

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Nouvelle rencontre avec mes grumeaux aujourd’hui. Ils sont bien là tous les deux, en pleine forme d’après le GFM. Mais les critères de GFM sont un peu particuliers ! Il les a trouvés mignons alors que franchement, ils ne le sont pas vraiment. Ou alors ils ne m’ont pas présentés leur meilleur profil. C’est surtout leur tête qui est énorme. Et leurs bras bien riquiqui. Pour le moment, ils ont le même rythme cardiaque : 182 battements par minute. On va avoir du mal à en faire de grands sportifs ! Enfin, il paraît que c’est normal. Quoiqu’il en soit, d’ici une quinzaine de jours, ce sera échographie complète avec mesure de tout ce qui est mesurable et en particulier la clarté nucale.  

Voilà, il nous reste 7 mois pour nous préparer à leur arrivée. Il y a surtout un futur papa complètement flippé qui doit se faire à l’idée que un c’est bien, et deux c’est encore mieux (et non l’inverse comme il le pense aujourd’hui). Une future maman qui va devoir enfin apprendre à être organisée. Des futurs grands-parents qui jubilent depuis qu’ils ont appris la nouvelle. Et des futurs arrière-grands-parents qui n’osaient plus espérer cette nouvelle génération et se retrouvent à nouveau avec des projets à long terme.

17.04.2008

Donner ?

Journal de 20 heures sur France 2 le 16 avril (bah oui, dans mon pays au loin, la seule source d’info en français c’est TV5Monde), un reportage sur les français qui vont en Espagne pour pouvoir profiter d’un don ovocyte. Pourquoi est-ce plus facile en Espagne qu’en France ? D’une part la procédure administrative est beaucoup plus légère (inexistante ?) mais surtout il y a beaucoup plus de donneuses qu’en France. Et pour une raison toute simple : les donneuses reçoivent une compensation financière. Rémunéré ou non, je trouve ce don d’une extrême générosité.

Lorsque nous avons appris notre infertilité et découvert, simultanément, qu’il existait une solution à notre problème, je me suis que si un jour j’avais la chance d’être mère, je serai aussi donneuse pour permettre à une femme de connaître à son tour ce bonheur. Sauf que mon homme s’est tout de suite opposé à cette idée. Soit, ai-je pensé, j’aurai bien le temps de le faire changer d’avis. Et puis j’ai vécu une première fiv, une deuxième et encore un troisième traitement. Et aujourd’hui, je me sens incapable de recommencer. Je dois honteusement avouer que mes belles intentions se sont envolées, je ne ferai pas partie de ces fées si généreuses qui sont prêtes à subir toutes les injections, les échographies et la ponction par pure bonté. Rémunéré ou pas, ce don est énorme, intime et contraignant. J’admire les femmes capables d’un tel acte, je ne pourrai pas le faire.

Et les embryons surnuméraires alors ? Là encore, il y a une discordance importante au sein du couple et je respecterai la volonté de l’homme dont les arguments sont tout à fait recevables. Pour moi, les embryons ne sont pas des enfants, juste un amas de cellules au potentiel incroyable. Mais pour pouvoir exploiter leur potentiel, ils ont besoin d’un utérus pour les recevoir. Sans utérus, ils ne sont rien. Sans femme désireuse de devenir mère, ils resteront amas de cellules au potentiel vital inexploité. Peut-être que mon avis aujourd’hui a été influencé par les précédents échecs, une autoprotection pour éviter de m’effondrer encore plus à la perte de chacun de ces 4 embryons inutilement transférés.   

14.04.2008

Dialogue de sourds

 

Pas mal de femmes passant par le parcours FIV disent que dès le transfert elles ont parlé à leur embryon et que c’était très positif pour le ou les futurs bébés. Comme j’étais prête à croire n’importe quoi et à suivre tous les conseils qui pourraient augmenter nos chances de réussite, j’ai parlé aux deux embryons qu’on m’a transférés en septembre dernier. Et puis je me suis sentie complètement ridicule d’avoir parlé à un utérus vide, à des cellules déjà mortes. Alors pour les deux autres tentatives, future mère indigne, je n’ai entamé aucun dialogue surnaturel avec mes embryons. Je les ai laissés engager le dialogue chimique avec mon utérus et visiblement ils ont réussi à s’entendre. Et aujourd’hui encore, j’avoue avoir du mal à communiquer avec eux. Bien sûr intérieurement, je leur envoie des ordres, pas très variés d’ailleurs : ‘Accrochez-vous bien’, ‘Tenez le coup’. De temps en temps, parce que je ne voudrais pas quand même qu’ils me prennent pour un tyran, je leur explique que même si ce ne sera jamais facile, ça vaut le coup et qu’en plus ils auront la chance de naître et grandir dans un pays sympa et ensoleillé. Mais j’ai encore du mal à leur parler à voix haute. Surtout que pour le moment, ils sont sourds et vont le rester encore quelques semaines. Ils n’ont même pas d’oreilles ! Et il faudra attendre encore une bonne semaine qu’ils en aient. Ensuite, au mieux, ils entendront quelle chose dans une dizaine de semaines et il faudra encore attendre la 24ème semaine pour qu’ils réagissent au son. Puis je ne suis même pas sûre qu’ils soient intéressés par ce que j’aurais à leur raconter…

12.04.2008

FIV, sex and sun

Pourquoi ne pas aborder le sujet alors que je me cache sous un pseudo anonymat (particulièrement cher à mon homme) ? Mais par où commencer, comment en parler ? J’ai déjà dévoilé pas mal de moi, de mes sentiments à travers mes notes, mais là je ressens une pudeur supplémentaire et en même temps, pourquoi  taire ce problème.

Parce que pour moi, il faut bien le dire, fiv et sexe ne font pas très bon ménage. Ça commence quelques jours avant la ponction où il faut calculer quand avoir le dernier rapport, respecter les 2 à 5 jours d’abstinence avant la ponction. Déjà, la spontanéité en prend en coup. Suite à la ponction, je ne sais pas si beaucoup de femmes rentrent chez elles avec une libido de folie. Moi pas. Puis vient le transfert. 2 jours après, on a l’autorisation du médecin pour reprendre une activité sexuelle normale. Lors de notre première tentative fiv, nous avions repris ce genre d’activité rapidement après le transfert. Mais après coup, j’ai culpabilisé. Comme si ça avait pu changer quelque chose. Et puis 12 jours sans rapport, c’est pas le bout du monde. Mais là, on est à la troisième tentative et le verdict après les 12 terribles jours d’attente a été différent. Et qui dit résultat positif dit on continue la progestérone. Alors même si Crinone c’est bien mieux que Utrogestran, ça reste un gel vaginal de progestérone, un tue l’amour quoi. Ajouter à ça les douleurs liées à l’hyperstimulation et vous vous retrouvez avec une libido à zéro. Et quand elle se réveille enfin, elle est accompagnée d’une peur stupide, un grand n’importe quoi : la peur de la jouissance. Oui, j’ai peur d’apprécier nos moments d’intimité. Parce que on a beau dire mais il se passe de drôle de choses dans mon corps au moment X. Et qui peut m’assurer que toutes ces réactions non maitrisées n’ont pas d’effets sur la quiétude de mon utérus. Heureusement, mon homme est compréhensif, patient et tendre et a trouvé le chemin vers le retour à une vie amoureuse normale.

10.04.2008

Du grand n'importe quoi

Du grand n’importe quoi. Je cumule le grand n’importe quoi en ce moment.

Je suis enceinte d’un embryon ET DEMI ! Je suis comme ça moi, je respecte à fond les statistiques européennes. Mais ce qui semble parfaitement normal sur un relevé Insee est un peu plus compliqué quand il s’agit d’envisager sa grossesse, de prendre conscience de cette chance. Surtout que si à la première échographie on n’avait vu qu’un seul sac gestationnel, j’aurais été parfaitement heureuse et comblée. Mais ce deuxième embryon était bien là et il avait une activité cardiaque. Pour la 2ème écho, je m’étais préparée à ce qu’il ne soit plus mais il était toujours là, plus grand mais très à l’étroit dans son riquiqui sac. Toujours par soucis de réalisme, j’attends des saignements depuis lundi, mais toujours rien. Alors je commence à espérer, à croire à une incroyable force de vie, une résistance à toute épreuve de ce petit être qui se bat pour vivre mais qui n’aurait pas les bonnes armes. Aujourd’hui, j’ai peur que ce second embryon ne résiste pas, que les forces de la nature soient plus fortes que lui.

Côté grande inquiétude débile : l’épilation ! Depuis le transfert, même pas j’envisage d’aller voir mon esthéticienne. J’ai trop peur qu’une réaction réflexe douleur provoque des contractions aux effets néfastes sur mon 1,5 embryon(s ?). Du coup, côté glamour j’ai connu des jours meilleurs. Et encore, je passe sur mon angoisse quand l’ascenseur s’arrête trop brutalement et mon refus de prendre le bus qui secoue un peu trop. Du grand n’importe quoi !

07.04.2008

Encore une semaine d'incertitude

Nouvelle échographie ce matin, à 5 semaines et quelques jours de grossesse (Et déjà la grande question : quand commence la grossesse : le jour de la fécondation ou le jour du transfert. Gygy compte à partir du transfert, donc pour elle ce matin on était pile poil à 5 semaines de grossesse, soit 7 semaines d’aménorrhée. Mais je ne peux m’empêcher de penser que mes embryons ont 3 jours de plus. 3 jours, ça ne change pas grand-chose mais quand l’avenir d’un embryon est incertain, ça change tout je trouve. Enfin, on va dire qu’on n’est pas à 3 jours prêt, l’embryologie humaine n’étant pas précise au millimètre.) Or donc me voilà allongée une fois de plus sur la table d’échographie, presque je me sens chez moi dans cette salle. L’image apparaît et on voit rapidement les deux sacs gestationnels. Sauf qu’il y a un problème : une énorme différence de taille entre les 2. Le premier est tout à fait normal et contient un embryon parfait de 13mm. On écoute son cœur, toujours très émouvant puis gygy me montre ce qui sera un bras et la tête. Pour l’instant il est vraiment très laid et ressemble plus à la créature de Roswell qu’à un bébé, mais c’est déjà mieux que la cacahuète de la semaine dernière. Dans l’autre sac gestationnel, il y a toujours un petit embryon qui a bien grandit (pratiquement 10 mm), avec une activité cardiaque normale. Sauf que cet embryon est dans un sac gestationnel trop petit pour lui. Et pour le coup, son avenir est encore une fois très compromis. Et moi je me retrouve complètement impuissante, incapable d’aider ce petit être à mieux grandir, à se faire une place. Je ne suis que dans ma sixième semaine de grossesse et déjà je découvre l’impuissance que peut ressentir une mère face à un enfant en souffrance pour lequel elle ne peut rien faire…

Mais restons positive : nous avons un embryon en parfaite santé et c’est déjà une chance énorme. Seulement, il va encore me falloir une semaine pour, grâce à une situation enfin claire, pouvoir apprécier pleinement cette grossesse et savourer cet immense bonheur qu’on aura eu tant de mal à atteindre.

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