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17.04.2008

Donner ?

Journal de 20 heures sur France 2 le 16 avril (bah oui, dans mon pays au loin, la seule source d’info en français c’est TV5Monde), un reportage sur les français qui vont en Espagne pour pouvoir profiter d’un don ovocyte. Pourquoi est-ce plus facile en Espagne qu’en France ? D’une part la procédure administrative est beaucoup plus légère (inexistante ?) mais surtout il y a beaucoup plus de donneuses qu’en France. Et pour une raison toute simple : les donneuses reçoivent une compensation financière. Rémunéré ou non, je trouve ce don d’une extrême générosité.

Lorsque nous avons appris notre infertilité et découvert, simultanément, qu’il existait une solution à notre problème, je me suis que si un jour j’avais la chance d’être mère, je serai aussi donneuse pour permettre à une femme de connaître à son tour ce bonheur. Sauf que mon homme s’est tout de suite opposé à cette idée. Soit, ai-je pensé, j’aurai bien le temps de le faire changer d’avis. Et puis j’ai vécu une première fiv, une deuxième et encore un troisième traitement. Et aujourd’hui, je me sens incapable de recommencer. Je dois honteusement avouer que mes belles intentions se sont envolées, je ne ferai pas partie de ces fées si généreuses qui sont prêtes à subir toutes les injections, les échographies et la ponction par pure bonté. Rémunéré ou pas, ce don est énorme, intime et contraignant. J’admire les femmes capables d’un tel acte, je ne pourrai pas le faire.

Et les embryons surnuméraires alors ? Là encore, il y a une discordance importante au sein du couple et je respecterai la volonté de l’homme dont les arguments sont tout à fait recevables. Pour moi, les embryons ne sont pas des enfants, juste un amas de cellules au potentiel incroyable. Mais pour pouvoir exploiter leur potentiel, ils ont besoin d’un utérus pour les recevoir. Sans utérus, ils ne sont rien. Sans femme désireuse de devenir mère, ils resteront amas de cellules au potentiel vital inexploité. Peut-être que mon avis aujourd’hui a été influencé par les précédents échecs, une autoprotection pour éviter de m’effondrer encore plus à la perte de chacun de ces 4 embryons inutilement transférés.   

Commentaires

J'ai aussi vu ce reportage

Ecrit par : Céline | 18.04.2008

A un moment c'est juste de vouloir souffler... humain même..

Ecrit par : Le Chat | 18.04.2008

Je sors tout juste d'une violente hyperstimulation, ce n'est même toujours pas terminée et pour les même raisons que toi, pleine de bonnes intentions initialement, il est vrai qu'à présent je suis plus modérée, c'est si difficile...

Ecrit par : cparicsi | 18.04.2008

Moi, j'ai beaucoup de chance d'avoir trouvé ma fée...tout prêt de chez moi: une collègue. Elle va faire un don (anonyme) en Belgique (moins d'attente qu'en France).
Nous avons donné notre accord pour que les éventuels embryons surnuméraires soient donnés à un couple qui en aurait besoin.

Ecrit par : Naniela | 19.04.2008

Un petit coucou. Des questionnements et des positions bien légitimes après un parcours comme le votre. J'espère que tout va bien et que ton ventre s'arrondit doucement.

Ecrit par : marimad | 20.04.2008

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