« 2007-12 | Page d'accueil | 2008-02 »

31.01.2008

8 ans, 8 mois et 14 jours

Cela fait 8 ans, 8 mois et 14 jours que j’ai écrasé ma dernière cigarette. Je revoie encore la rue dans laquelle j’ai jeté cette ultime cigarette. Après avoir consommé mon paquet quotidien pendant plus de 7 ans, je décidais d’arrêter. Une fois de plus, j’arrêtais. Sauf que je savais que ce serait la dernière. Et avec une bonne dose de volonté, un homme compréhensif et motivant et une tonne de chewing-gum, ça a vraiment été la dernière cigarette. Pratiquement 9 ans sans toucher une cigarette et malgré tout, de temps en temps, l’envie ressurgit. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une envie-torture, juste d’une envie fugace, qui me prend sans prévenir à la sortie du cinéma, à la fin d’un repas, etc. Et à chaque fois je donnerais n’importe quoi non pas pour avoir droit à cette cigarette mais pour être certaine de pouvoir m’arrêter à cette  seule cigarette. Et cette certitude je ne l’ai pas et je crois que je ne l’aurai jamais plus, le prix de ma dépendance passée est là. Qu’importe, le sentiment de frustration est vite remplacé par une certaine fierté, et surtout par la volonté de ne pas tout gâcher. Alors forcément quand je vois des femmes enceintes avec une cigarette, ça aurait plutôt tendance à me hérisser le poil.

28.01.2008

La loose capillaire

Mais comment font-elles ces filles à la coiffure impeccable qui tient toute la nuit. Pour moi c’est encore un mystère… Et pourtant je cherche, je fais des essais, je tente de nouvelles solutions mais rien n’y fait.

20 heures, je finis de me préparer. Le maquillage est ok, la tenue choisie et a déjà obtenue l’approbation de l’homme, ne reste que les cheveux. Bon il faut savoir que mes cheveux, c’est un peu le mix qui tue : racine grasse-pointe sèche, limite tendance paille avec la même souplesse qu’un rugbyman. Le tout sur une trentaine de cm, à mi-dos quoi. Rien à en faire de ces cheveux, ça m’agace. T’as qu’à les couper me diras-tu ! Sauf qu’il y a un truc qui m’agace encore plus, c’est d’avoir des cheveux sur le visage. Ah si ma mère lisait ça…car j’ai quand même traversé une période où Vanessa Paradis était un modèle, la fameuse période Joe le Taxi pendant laquelle je me baladais, comme toutes mes copines, avec la moitié des cheveux sur la figure et donc la tête en permanence inclinée à 45° pour pouvoir voir où je mettais les pieds ! Sauf que ça, c’est cool quand t’as 13 ans mais à 30 ans, t’as vite fait d’avoir un méchant torticolis et tout de suite, c’est moins glamour. Donc je veux garder mes cheveux longs pour pouvoir les oublier attacher. Mais pour sortir, j’ai envie d’autre chose qu’une queue de cheval ou un pauvre chignon-chouchou à la va vite. Donc je passe trois plombes devant ma glace à essayer de trouver la solution. Après de multiples tentatives, à grand renfort d’épingles j’ai la coiffure. Je suis prête ! Trop contente ! Et juste au cas où, avant de sortir, j’attrape un élastique tout simple vendu par lot chez H&M. Mais vraiment juste au cas où…

20h45, on est encore dans le taxi et déjà je sens qu’une partie de mes cheveux veut retrouver sa liberté. J’essaie de ne pas trop bouger, histoire de tenir jusqu’à l’arrivée, qu’on puisse se rendre compte de mes efforts. Alors tant bien que mal, ma coiffure va tenir une partie de la soirée mais invariablement, il arrivera un moment où je ne devrai mon salut capillaire qu’à mon pauvre élastique, ultime roue de secours. Mais avant d’en arriver là, j’aurai encore perdu une partie des épingles ce qui rendra encore plus acrobatique la prochaine coiffure. Alors si vous avez un conseil, je prends…

25.01.2008

Mon nouvel ami le sport

Des mois que je repousse en me disant que de toute façon, ça ne sert à rien, que dans quelques semaines je serai enceinte et que donc à quoi bon se remettre au sport. A limite, je pourrais éventuellement peut-être me trouver un sport adapté à mon futur état. Sauf qu’il faut bien ouvrir les yeux et réaliser que cette grossesse, je l’attends toujours. Et que je vais peut-être l’attendre encore un bon moment. En plus, il faut bien admettre qu’à 30 ans, même si on n’a pas eu d’enfants, on n’a quand même plus la fermeté des 20 ans.

Alors après bien des hésitations et un rappel à la réalité de l’homme qui a bien vu que je n’étais pas enceinte et qui, en plus, a entendu dire que la grossesse n’était pas une contre-indication à la pratique sportive (de nos jours, ça devient difficile de maintenir un homme dans l’ignorance), je me suis lancée. Footing hier, inscription dans un club sportif aujourd’hui, déjà rendez-vous pour ma prochaine séance lundi, etc. Pour le moment, j’en suis au stade où j’ai bien cru qu’on pouvait mourir de douleur en faisant des abdominaux et où je redécouvre que j’ai des muscles (ou quelque chose qui y ressemble) à l’intérieur des cuisses. Maintenant, on va voir si je m’y tiens…

22.01.2008

Et Dieu dans tout ça ?

Pendant longtemps, j’y ai cru. J’ai cru qu’il y avait un Dieu, qu’il était là et serait toujours là. Je dois avouer que ma foi était loin d’être parfaite mais jamais je ne l’avais remis en cause. Mais ça c’était avant, avant la première FIV. Pour la première fois dans ma vie je lui ai demandé quelque chose. Je ne demandais pas un miracle (je reste réaliste), je demandais juste un petit coup de pouce, le petit plus qui ferait que ces deux embryons que je portais puissent devenir des vies. Et même, j’acceptais que son aide se concentre sur une seule vie. Mais il ne m’a pas entendue, ou pas écoutée. Ou il n’est tout simplement pas là parce qu’il n’y a jamais été. Bien sûr, si ma foi était plus grande, plus parfaite, j’accepterais cela sans rien dire, presque je pourrais le remercier de ces épreuves qu’il nous fait traverser. Mais je ne suis pas ainsi. Non moi je lui ai tourné le dos. Et je ne pensais pas que ce soit aussi définitif et pourtant… Je suis retournée dans une église il y a quelques jours (ben oui, ce n’est pas parce que je suis fâchée avec lui que je ne vais pas assister au mariage de ceux qui sont encore ses potes). Et je me suis que quitte à être là, autant en profiter pour discuter avec lui. Mais je n’y arrive plus. Je n’y crois plus. Pendant des années on m’a fait croire, et j’ai bien voulu y croire, qu’il était là pour nous, mais la seule fois où je lui ai demandé de l’aide, même pas il m’a écoutée. Et je trouve cette trahison d’autant plus terrible que je demandais de l’aide pour une bonne cause, juste une vie, une fragile vie. Les médecins avaient fait tout le travail, ne lui restait qu’un petit souffle magique à ajouter. Mais il ne l’a pas fait. J’aurais compris qu’il ne m’indique pas les bons numéros pour le prochain tirage du loto, ou qu’il refuse de m’indiquer la meilleure planque pour cacher un cadavre. Mais comment a-t-il pu refuser d’aider à l’éclosion d’une vie. Je ne peux plus y croire et ça m’attriste car croire en sa présence répondait à bien des questions pour moi. Mais il n’est pas, ou certainement pas tel qu’on me l’a présenté. Et tel qu’il est, et bien je n’ai pas besoin de lui.

A l’annonce de l’infertilité, j’ai perdu l’espoir d’une grossesse spontanée, d’une grossesse comme tout le monde. Et avec l’échec de la FIV, j’ai perdu la foi, le peu de foi que j’avais.

18.01.2008

Le jeudi, c'est cuisine

J’avais testé il y a quelques jours cette recette : cake à l’ananas. Une réussite ou plutôt la chance du débutant. Parce que moi, pour que ce soit un peu meilleur (et parce que jeter du rhum, ça ne se fait pas), le rhum je l’avais laissé. Et du coup, ma pate était un poil trop liquide. Et pour cuire un cake trop liquide, il faut longtemps, très longtemps. Tellement longtemps que le cake, il était caramélisé sur les côtés. Et le caramel, c’est bon. Surtout le caramel obtenu avec un mélange du sucre de l’ananas et du rhum…

Mais hier, c’est une mangue attendait dans le fond de mon frigo. Qu’importe, soyons fous ! je remplace l’ananas par la mangue (mais au fait ½ ananas, ça fait combien en mangue ?). Verdict ? La caramélisation involontaire d’un cake, ça ne se réussit pas à tous les coups… Heureusement, le nappage à la purée de mangue compense.

 

e97bd4883cca816a3b152d698d835a46.jpg

 

15.01.2008

Trop laid

Le vocabulaire gynécologique est bien fait et très complet. Il y a un mot pour chaque chose, chaque situation. Et il existe même un mot pour désigner les femmes n’ayant jamais accouché : nullipare. Bon d’un côté, c’est rassurant, c’est prévu pas les médecins et ça ne ressemble pas à un nom de maladie. Mais par contre, qu’est ce qu’il est laid ce mot ! Dans mon top five en compétition pour la palme du mot le plus moche de la langue française, il est au coude à coude avec nulligeste et concubin.  (oui je sais, ça ne fais que 3 mots mais ‘top trois’ ça ne sonne pas très bien et je suis certaine qu’en cherchant un peu, j’arriverai bien à en trouver d’autres de mots trop laids mais là, j’ai pas envie.) Je ne sais pas quel esprit dérangé a créé ce mot mais ça devait bien être un homme. Parce que pour dire la même chose, on aurait pu inventer des mots un poil plus humain : anapare (sobre) , futurpare (optimiste), etc.

Parce que vraiment nullipare, ça fait vraiment trop… nul ! Tout ce qu’on retient de ce mot c’est ‘nul’. Et je me sens déjà bien assez nulle à n’avoir toujours pas mis au monde un enfant sans qu’un adjectif en rajoute. Mais j’espère encore que cet état ne soit pas définitif…

09.01.2008

Remède anti-shopping

Ça y est, je viens enfin de trouver un effet positif à l’infertilité : je n’achète plus une fringue. Bon ce n’est pas qu’habituellement je sois une fashion addict, j’ai juste tendance à craquer facilement pour une petite robe. Pire, un des remèdes anti-déprime pour moi : un ensemble de sous-vêtements. Mais voilà, depuis que nous avons commencé les traitements, plus rien (ou si peu que ça ne compte même pas). Et pourtant chaque verdict s’accompagne de sa crise de larmes et de sa journée déprime mais comment envisager l’achat d’un soutien-gorge alors que mon corps ne s’est pas encore débarrasser de toute la progestérone accumulée. Et je ne sais pas si c’est la progestérone ou autre chose, mais c’est sur qu’une des hormones dont on me gave a un impact direct sur ma poitrine. Limite double l’impact. Donc le rayon lingerie, j’évite.

Et pour les petites robes ? Disons que depuis quelques mois c’est l’alternance anti-achat. Lors des traitements, je gonfle, enfin mon ventre plutôt. Parce qu’il ne faut pas croire mais même si le résultat n’est pas à la hauteur, j’ai tout plein de follicules qui sont excités par les hormones et ça prend de la place tout ce petit monde. Et même après la ponction, ils continuent à prendre de la place car ils compensent le vide soudain par du liquide… Vient ensuite la phase déprime je-suis-moche-je-ne-sers-à-rien pendant laquelle l’idée même de me regarder dans un miroir me paralyse. Et quand tout rentre enfin dans l’ordre, que je redeviens enfin optimiste, je trouve que c’est vraiment trop bête d’acheter un truc alors que dans quelques semaines je serai enceinte. Et que dans quelques semaines et 9 mois, la jolie petite robe sera soit complètement démodée, soit complètement déformée car je l’aurai quand même portée malgré mes courbes de future maman.

Du coup, je suis en train d’accumuler une frustration énorme qu’il faudra que je m’empresse de soulager en début de grossesse (toute cette frustration pourrait nuire au bébé) !

07.01.2008

Différents protocoles FIV ICSI

 

Déjà 2 FIV ICSI derrière moi, quelques comptes et des comparaisons :

 

 

Protocole 1

Protocole 2

J1

Décapeptyl

 

J2

 

écho : un kyste

J3

 

écho ok - Gonal F 112

J4

 

Gonal F 112

J5

 

Gonal F 112

J6

 

Gonal F 112

J7

 

Gonal F 187

J8

 

Gonal F 187

J9

 

Gonal F 300 + Citrotide

J10

 

Gonal F 300 + Citrotide

J11

 

Gonal F 75 + Citrotide + Choniorom

J12

 

Gonal F 75 + Citrotide + Choniorom

J13

Echo + pds

Gonal F 75 + Citrotide + Choniorom

J14

Gonal F 150

Ovitrel

J15

Gonal F 150

 

J16

Gonal F 150

Ponction

J17

Gonal F 150

 

J18

Gonal F 150

 

J19

Gonal F 150

Transfert

J20

Gonal F 150

 

J21

Gonal F 150

 

J22

Gonal F 150

 

J23

Gonal F 150

 

J24

Ovitrel

 

J25

 

 

J26

Ponction

 

J27

 

 

J28

Transfert

 

J29

 

 

J30

 

PDS = BHGC <1

J31

 

 

J32

 

 

J33

 

 

J34

 

 

J35

 

 

J36

 

 

J37

 

 

J38

 

 

J39

 

 

J40

 

 

J41

PDS = BHCG <1

 

     
 

8 prise de sang

3 prises de sang

 

14 injections

22 injections

 

4 échographies

7 échographies

   

4 900 €

 

 

Et malheureusement, les comparaisons ne s'arrêteront pas là... Bon soyons positive : malgré 2 échecs, j'ai la chance de pouvoir bénéficier d'une troisième tentative ! 

04.01.2008

Dans la série...

Le 2 janvier 2007 le verdict OATS tombait. Un an plus tard, le 2 janvier 2008 un autre verdict tombait : FIV ICSI 2 négatif. Et comme si cela n’était pas suffisant, nous avons su aujourd’hui que les 2 embryons qui auraient être congelés n’ont pas résisté : un s’est arrêté à 6 cellules et le développement du dernier s’est arrêté alors qu’il avait atteint 8 cellules. Cette tentative que nous attendions, que nous envisagions plus sereinement car avec un protocole plus léger n’aura pas lieu. Un nouvel espoir s’envole. Encore un.

Aujourd’hui, J1 post-FIV. Soit J1 de C19 et nous démarrons notre 3ème année d’essai bébé (et ne venez pas me dire que 19 cycles en 2 ans, c’est pas possible, qu’il en manque !). Alors j’ai revu GFM (enfin pour le moment les miracles ne sont pas encore au rendez-vous mais il va falloir qu’il y arrive vu que la cigogne ne sait pas où j’habite, que le père Noël m’a oublié et que je suis fâchée avec l’Autre là haut). Bilan, mes ovaires sont encore bien gonflés, tellement qu’on dirait un sac de balles de golf à l’écran ! Mais il reste confiant. Pour lui je suis jeune (forcément, comme il n’y a pas de limite d’âge pour bénéficier de l’AMP ici  il – en même temps bénéficier n’est pas le bon terme quand on voit les tarifs pratiqués), nous sommes capables d’obtenir des embryons donc nous obtiendrons une grossesse. Et déjà, il sait ce qu’il va modifier lors du prochain protocole. Car oui, on ne jette pas l’éponge, on va recommencer. On laisse ce cycle se passer tranquillement et dans environ 6 semaines (oui, les cycles de 28 jours, je trouve ça trop commun) on recommence.

Du coup, je me demande bien ce que je vais pouvoir raconter ici pendant 6 semaines…

03.01.2008

Nouvel échec

Découvrir hier soir le résultat négatif. Pleurer. Avoir mal. Se détester pour avoir été incapable, une fois encore, de prendre soin, de garder, ces 2 embryons. Sentir cette sourde douleur intérieure, sans pouvoir la localiser. Etre perdue, vidée. Et en même temps, savoir déjà que tôt ou tard, on retrouvera la force de recommencer.

Et puis réaliser tout ce que cela signifie : de nouvelles règles à rallonge, un corps qu’il va falloir se réapproprier, un corps dont je voudrais sortir, un corps inutile. De nouveaux examens, encore des consultations médicales, des traitements. Encore l’espoir un jour et tellement peur de l’échec. Penser à tout abandonnner, changer d’avis dans la seconde qui suit. Avoir mal.

Et puis ce matin, affronter le miroir au réveil et découvrir les traces laissées par les larmes de la veille. Chercher la force de repartir mais elle nest pas encore là. Toujours perdue dans ce long parcours qui devient un combat. Personne ne devrait avoir à mettre tant d’effort et de souffrance pour avoir un enfant.

Deuxième tentative, deuxième échec.

Toutes les notes