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31.05.2007

Aigrie ?

Je ne suis pas aigrie mais quand même, ça me saoule vraiment quand :

-         les femmes enceintes en font des tonnes sur les symptômes de grossesse. La grossesse n’est pas une maladie et il suffit de voir les traitements que subit le couple infertile pour voir que la maladie est plutôt de ce côté-là.

-         Les gens nous disent ‘vous avez raison, profitez-en car après, ce ne sera plus pareil’. Et ça on le sait bien que ça ne sera plus pareil mais depuis le temps qu’on ne le dit, on aimerait bien nous aussi savoir comment c’est quand ‘ce n’est plus pareil’.

-         Ma mère fond en larmes en me demandant de lui expliquer ce qu’elle a loupé pour que je ne fasse pas d’enfants !

-         Les mères se plaignent des séquelles laissées par la grossesse sur leur corps. Mais moi j’en rêve d’avoir les seins qui tombent un peu (de toute façon, ça finit toujours par tomber) et 2/3 vergetures (encore que ça, si je peux éviter).

-         Les couples se vantent d’avoir calculé pile poil la conception  de leur rejeton pour les impôts ou les vacances. Moi c’est la PMA qui a calculé qu’en septembre, ça pouvait le faire.

-         Des couples expliquent comment ils ont fait pour avoir une fille, parce que bon ils voulaient un deuxième enfant, mais tant qu’à faire, que ce soit une fille.

 

Alors aigrie ? Non pas encore car pour l’instant, tout ça me saoule un peu mais ça me fait encore sourire. J’espère juste arriver au bout du chemin avant que l’amertume ait eu le temps de me gagner…

29.05.2007

Comment ma notion du temps s’est modifiée…

Quand j’ai arrêté la pilule, je nous donnais 8 mois pour concevoir un bébé. 8 mois je trouvais ça honnête et j’avais lu quelque part que c’était la moyenne. (depuis j’ai compris qu’en fait cette moyenne c’est une vaste fumisterie. Il y a d’un côté les femmes qui sont enceintes dans les 3 premiers mois d’essais (le majorité fort heureusement) et de l’autre côté, celles qui mettront au moins un an, voir 2 ou3). Du coup, je m’étais jurée d’être sereine les 8 premiers mois. Ok, je n’ai pas tout à fait respecté mon 'engament sérénité' mais déjà avec des cycles longs et fantaisistes, ce n’est déjà pas facile mais quand en plus il y a toujours une bonne âme pour rappeler que ce n’est sûrement pas bon signe ces drôles de cycles, pas facile de rester sereine. Cependant à partir des résultats du 1er spermogramme, l’attente s’est faite par étape et du coup, ça me permet de la gérer plus facilement.

Ainsi, nous avons eu une première étape de 3 mois entre les fameux résultats annonçant ‘OATS’ et le 1er RDV PMA. 3 mois pour se renseigner, commencer à se faire une idée de ce qui nous attendait, planifier et réaliser les examens. Bref, 3 mois bien remplis que j’ai à peine vu passer. Puis nous avons attendu la réponse du staff de la pma et il a fallu prendre, faire modifier et encore déplacer les derniers rdv. Et aujourd’hui, les prochains rdv sont fixés :

-         Biologiste : parce que quand même il faut qu’on nous précise bien que la FIV ICSI est une technique récente et qu’elle n’est pas sans risque (et que surtout nous n’avons que peu de recul sur l’impact de la méthode).

-          Gynéco : pour que je puisse avoir le détail du protocole et les ordonnances pour tous ces produits terribles qui endormiront mon corps avant de le réveiller et de le secouer comme jamais

-         Et le fameux ‘Test de transfert’ : pour que le médecin sache quel instrument il devra utiliser le jour du vrai transfert et éviter ainsi toute réaction à la douleur qui ne sont jamais bonne pour l’implantation.

Et là, il me reste un mois et demi avant ces rendez-vous et il ne va rien se passer pendant ces 6 semaines. Pour la première fois, j’ai l’impression que mon processus pma stagne...  Et le temps semble soudainement ralentir….

23.05.2007

le couple face à l'infertilité

Suite à la brouille avec une amie très chère, je suis à mon tour aller voir sur le net ce qu’il se dit sur les couples confrontés à l’infertilité.

Et bien je comprends qu’elle se soit imaginée les pires choses. Car quand on lit ce que les psy racontent sur ces pauvres couples, on ne peut que penser le pire… D’après ces témoignages médicaux, le couple infertile va devoir affronter la déprime, une grave crise de sa sexualité, une remise en question vis-à-vis de ses propres parents, en grande jalousie vis-à-vis des couples ayant des enfants, etc. je veux bien croire que certains couples rencontrent quelques difficultés sur leur long et difficile chemin vers la conception, mais la généralité des articles qu’on trouve sur le net m’a étonnée.

Je ne pense pas être déprimée, ni mon homme. Bien sûr, il arrive que le fardeau de cette infertilité soit un peu lourd, mais nous le supportons bien et ensemble.

Je ne me suis jamais posée la question de l’infertilité de mon couple par rapport à mes parents. Peut-être juste parce que je n’imagine pas que mes parents aient eu des relations intimes pour concevoir mais je crois que c’est simplement que je ne construis pas ma vie en comparaison (voir en compétition) avec qui que ce soit.

Depuis que le verdict est tombé et que nous savons que nous allons être pris en charge par le PMA, notre vie sexuelle me semble parfaitement épanouie, et qui plus est allégée du poids de l’obligation de réussite. Finie la période où on calculait tout, où l’on espérait vraiment que la relation intime aboutisse à une grossesse. Nous avons fait ce deuil là et notre activité sexuelle s’en est sortie libérée. Que du plaisir, plus d’obligation de réussite.

J’imagine qu’après avoir glané de telles informations sur le net, il est facile d’imaginer que je suis devenue une névrosée psychotique avec des envies de meurtres… mais ce n’est pas le cas (enfin, pas encore) et j’aurais tellement aimé  qu’elle ose me demander ce que je ressentais (mais peut-être aussi n’ai-je pas suffisamment montré que je restais ouverte au dialogue ?).

22.05.2007

Je ne compte plus (ou presque)

Ce matin, en triant des documents dans le dossier FIV (qui atteint déjà une taille considérable), je suis tombée sur l’historique de mes cycles. Et j’ai réalisé que je ne comptais plus, enfin pas autant qu’avant. Et oui, j’étais incapable de dire spontanément à combien de  cycles j’en étais. Alors qu’il y a encore 2 ou 3 mois, je savais très précisément si c’était le C7 ou le C8, et même je pouvais sans aucune hésitation annoncer C7J26. Mais aujourd’hui non. Bien sûr après cette terrible constatation, j’ai compté. Et bien voilà, je suis à C12 J20, soit 422 jours depuis le début des essais (et encore je ne compte pas les 3 mois sans contraceptif mais hors essais).  Voilà, j’ai officiellement rejoint les femmes qui ne comptent plus leurs cycles. Je trouvais ça curieux, ces femmes qui annonçaient ne plus savoir combien de cycles infructueux elles comptabilisaient. Et bien aujourd’hui je les comprends, ça arrive sans même qu’on s’en rende compte. Et c’est tant mieux ! Ne plus compter me permet d’être plus sereine, car quand on regarde les choses en face, plus de 400 jours d’essais sans succès, il y aurait de quoi être démoralisée…

21.05.2007

Jamais sans mon calendrier

Au cours de tous ces cycles de vains essais, j’aurai au moins appris à décrypter les signaux que m’envoie mon corps.  Bon d’un autre côté, je ne jamais été à l’écoute de mon corps comme je le suis depuis quelques mois. J’écoute mon corps pour savoir si j’ovule et quand ? et pour cela, courbe de température, observation de la glaire (beurk) et test d’ovulation.

La première fois que je me suis lancée dans les tests d’ovulation, j’ai bien dû en utiliser une dizaine sur le même cycle. Ben oui, j’avais tellement peur de rater l’ovulation ! Alors que maintenant, 3 tests et c’est bon. En général, un premier test quand je sens que l’ovulation est toute proche puis un second test le lendemain qui se révèle être positif et un troisième le surlendemain pour bien vérifier qu’il est négatif et donc que mon interprétation était correcte.

Par contre, après chaque détection d’ovulation (et pour le moment je suis un sacrée chanceuse, je n’ai pas encore connu de cycle anovulatoire) démarre la névrose du calendrier. Pas pour compter les fatidiques 14 jours post ovulation (de ce côté-là, je n’attends pas vraiment de miracle) mais pour refaire tout mon planning. Et oui, mes cycles sont fantaisistes alors à chaque cycle, il faut affiner le planning. Et dès que l’ovulation est passée, je connais la durée du cycle. Alors c’est parti : je confirme l’hypothèse pour le cycle en cours et affine celles des prochains cycles. A chaque fois, je recalcule la longueur moyenne de mes cycles, fait des prévisions sur les prochaines période fertile, vérifie si les différents rdv déjà fixés tombent dans une phase du cycle adaptée, etc. Bref je suis une névrosée de mon calendrier. (faudrait peut-être que je me soigne avant de récontrer la psychologue...)

Et justement aujourd’hui, étant donné mon ovulation à J17 alors que la moyenne est à J21 remet des rdv en cause, reste à réussir à joindre la PMA pour modifier les rdv….

18.05.2007

Gri-gri

medium_Poupee_fecondite.JPG

Lorsque j’ai commencé les essais bébé, je accrochais une poupée de la fécondité à mon coup. Petit bijou africain que j’avais depuis des années et que je gardais bien précieusement pour le jour J. Surtout qu’elle avait fait ses preuves ! je l’avais prêtée à une amie et hop, 10 jours après elle était enceinte. Sauf que depuis, elle attend son deuxième enfant et qu’elle n’a absolument pas eu besoin de la poupée. Enfin pendant plusieurs mois, j’ai porté en continu ce pendentif.

A ce premier gri-gri est venu s’ajouter un autre gri-gri. Gri-gri gabonais prêté par une amie. Mais rien n’y a fait… Et quand le diagnostique de notre infertilité a été posé, j’ai tout enlevé. Je sais bien que c’était ridicule, mais malgré mon esprit très cartésien, je ne pouvais pas m’empêcher d’y croire un tout petit peu. Mais non, dans notre cas, il n’y aura pas de miracle même avec la présence d’une multitude de grigri et autre amulette…

17.05.2007

Enfant naturel ?

Avec mon homme, nous ne sommes pas mariés, au grand désespoir des parents et grands-parents.  Pas le temps, pas forcément non plus une grande motivation, bref on n’est pas marié. On est juste pacsé, parce que quand même pour les impôts, c’est intéressant –et aussi un peu au cas où il arrive une grosse mer*e à l’un de nous 2, mais ça on préfère ne pas y penser. Enfin bref, on n’est pas marié, du coup si nous avons un enfant, sur l’acte de naissance, sur le livret de famille, il y aura l’inscription ‘enfant naturel’. Et ce qui me chagrine un peu, c’est que quand les parents et les grands-parents nous feront des remarques là-dessus (et ils en feront, c’est sûr), je ne pourrai même pas leur répondre ‘ben oui, il est 100% naturel’. Car il ne sera pas vraiment 100% naturel. Il sera à 100% enfant de nous, on l’aimera à 200% mais il sera à 100% un bébé éprouvette. Mais ‘bébé éprouvette’, c’est très très laid, surtout qu’il n’y restera pas longtemps, dans sa boite en plastique, et qu’en plus à ce stade là, pour moi ce n’est même pas vraiment un bébé. Bref, il me reste quelques mois (peut-être quelques années), pour trouver comment qualifier ce bébé tellement désiré mais pas tout à naturel.

16.05.2007

Incompréhension (mais je veux trouver la solution)

Je suis un peu triste aujourd’hui. Un lien s’est fissuré et je ne sais comment faire pour qu’il tienne le coup.

Une amie très proche, peut-être la plus proche, ne me comprend plus. On ne se comprend plus et cela uniquement à cause de mon infertilité. Bien sûr j’ai des tords : à l’annonce du verdict, ça a été le choc. J’en ai immédiatement parlé, mais après et notamment lors du rendez-vous PMA et de tous les examens qui l’ont précédé, j’ai traversé une phase difficile. Mais voilà, la mauvaise passe est passée (oh c’est bien nulle comme phrase) et j’aimerais bien qu’on continue à se parler. Mais pendant que je cogitais dans mon coin, elle aussi réfléchissait dans le sien. Et elle s’est renseignée sur les couples infertiles, leur difficulté à communiquer, leur tendance à se renfermer. Oui mais moi j’ai juste traversé une phase difficile. Je ne pense pas avoir plus de difficulté à communiquer qu’avant et avec mon homme, je ne pense pas que l’on se soit renfermé (ou alors on cache rudement bien notre jeu). Et comme pour compliquer un peu plus la situation elle est enceinte, elle a réussi à se convaincre que je lui en voulais. Comment faire comprendre aux personnes qui nous entourent et auxquelles on tient, que oui, ce que nous vivons est parfois difficile mais que ça ne nous transforme pas pour autant en monstre sanguinaire prêt à zigouiller la première femme enceinte croisée au coin de la rue.

Je n’en veux à personne, personne n’est responsable des difficultés à concevoir que je connais. Par contre, j’aimerais tant que mes amis, surtout les plus proches comprennent qu’en voulant prendre des gants ils me font parfois plus de mal qu’ils ne l’imaginent. Tout ce que je souhaite, c’est qu’ils restent eux-mêmes face à moi, et que l’on puisse encore parler de tout et de rien, de leurs enfants et de l’absence des miens, du dernier film vu, du dernier livre lu, de la dernière recette de cuisine testée, bref que tout soit comme avant sans que j’aies à regretter d’avoir parlé de mon petit problème de zozos pas costauds.

Incompréhension (mais je veux trouver la solution)

Je suis un peu triste aujourd’hui. Un lien est en train de s’est fissuré et je ne sais comment faire pour qu’il tienne le coup.

Une amie très proche, peut-être la plus proche, ne me comprend plus. On ne se comprend plus et cela uniquement à cause de mon infertilité. Bien sûr j’ai des tords : à l’annonce du verdict, ça a été le choc. J’en ai immédiatement parlé, mais après et notamment lors du rendez-vous PMA et de tous les examens qui l’ont précédé, j’ai traversé une phase difficile. Mais voilà, la mauvaise passe est passée (oh c’est bien nulle comme phrase) et j’aimerais bien qu’on continue à se parler. Mais pendant que je cogitais dans mon coin, elle aussi réfléchissait dans le sien. Et elle s’est renseignée sur les couples infertiles, leur difficulté à communiquer, leur tendance à se renfermer. Oui mais moi j’ai juste traversé une phase difficile. Je ne pense pas avoir plus de difficulté à communiquer qu’avant et avec mon homme, je ne pense pas que l’on se soit renfermé (ou alors on cache rudement bien notre jeu). Et comme pour compliquer un peu plus la situation elle est enceinte, elle a réussi à se convaincre que je lui en voulais. Comment faire comprendre aux personnes qui nous entourent et auxquelles on tient, que oui, ce que nous vivons est parfois difficile mais que ça ne nous transforme pas pour autant en monstre sanguinaire prêt à zigouiller la première femme enceinte croisée au coin de la rue.

Je n’en veux à personne, personne n’est responsable des difficultés à concevoir que je connais. Par contre, j’aimerais tant que mes amis, surtout les plus proches comprennent qu’en voulant prendre des gants ils me font parfois plus de mal qu’ils ne l’imaginent. Tout ce que je souhaite, c’est qu’ils restent eux-mêmes face à moi, et que l’on puisse encore parler de tout et de rien, de leurs enfants et de l’absence des miens, du dernier film vu, du dernier livre lu, de la dernière recette de cuisine testée, bref que tout soit comme avant sans que j’aies à regretter d’avoir parlé de mon petit problème de zozos pas costauds.

Ils font envie

Nous commençons à être de plus en plus entourés d’enfants. Ou plutôt nos amis ont de plus en plus d’enfants. Et du coup, nous voyons de plus en plus d’enfants. Et parmi cela, il y en a qui donnent particulièrement envie.

Hier soir, nous passions voir des amis qui ont 2 garçons de 3 ans et 6 mois. Et les deux sont à croquer. Les enfants parfaits : ils ne pleurent presque pas, sont toujours souriants, très dégourdis. Bref on les leur volerait presque tellement ils sont réussis.

Alors quand après cette visite, assise dans la voiture avec mon homme j’ai lâché ma remarque un peu niaise : ‘Ils donnent vraiment envie d’avoir des enfants’ et que mon homme s’est retourné et m’a dit ‘je suis complètement d’accord avec toi’, j’ai réalisé que nous étions gaga tous les deux et tout à fait prêt à devenir de parfaits parents parfaitement partiaux et en béate admiration devant un nourrisson même pas capable de faire quoique ce soit..

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