26.05.2010

Changement d'adresse

Je déménage. Enfin mon blog déménage.

La suite sera là :

http:cpourquand.wordpress.com

J'aurais aimé avoir le courage d'emporter avec moi tous les commentaires postés ici mais impossible.

 

A très vite...

 

20.05.2010

Je lui en veux

Je n’ai toujours pas accepté notre infertilité, je ne peux pas l’accepter. Bien sûr, maintenant que les grumeaux sont là, le fardeau s’est allégé mais l’injustice reste.

Je n’admets pas cette inégalité face à une chose aussi naturelle que de faire un enfant. Et parfois ça me dévore intérieurement. Je pensais en être sortie, point du tout. Nous attaquons la deuxième vague. Quoi de plus normal après avoir eu un enfant que d’en vouloir un autre. Et quoi de plus naturel quand on souhaite un enfant de tomber enceinte.

Ce qui n’est absolument pas normal, c’est d’en vouloir aux gens de faire des enfants et de les faire sans soucis. Mais tout de même, n’aurais-je pas le droit de dire à celle qui m’annonce qu’elle ne s’y attendait pas, que soit elle est bien naïve soit complètement stupide car en ayant arrêté toute contraception, elle devait bien s’y attendre un peu… Moi je m’y attends tous les mois. Bien sûr que ce ne serait pas le moment idéal, mais peut-on s’interdire de rêver à un miracle juste pour une question de calendrier professionnel ou d’organisation familiale ?

Je me déteste quand je suis à la limite de souhaiter du mal à celle qui prend tous les risques possibles et imaginables parce que non, le risque de fausse-couche, ça n’existe pas.

Ces vagues de haine me déstabilisent parfois. Pas envie de vivre avec cette rage mêlée d’un profond sentiment d’injustice pendant les 10 prochaines années (j’imagine que quand mes amis arrêteront de faire se reproduire à tout va, ça ira mieux pour moi). J’ai même envisagé d’aller voir un psy mais pour quoi exactement. Je vais bien, j’ai la chance d’avoir deux enfants pleins de vie et absolument adorables. Mon couple est infertile et j’en veux à la vie. Je lui en voudrai toujours. Et je lui suis reconnaissante pour les deux petits hommes qui dorment dans la pièce d’à côté.

11.05.2010

Fête des mères

J-10 : message d’information pour mon homme : la fête des mères arrive.

J-2 : oh, les grumeaux sont revenus de la crèche avec un petit paquet. Et un petit mot sur le paquet pour la fête des mères. L’homme l’a vu, on en parle, j’attendrai dimanche pour les ouvrir. Le message est passé, il ne peut pas oublier.

J-1 : nouveau message envoyé à l’homme.

11h15 : il part faire des courses. En vélo.

11h37 : il est de retour. Avec juste un petit sac du magasin de bricolage, objectif officiel de sa visite.

11h42 : je sors. En attendant l’ascenseur, je vérifie rapidement les poches de la poussette. Non, rien de cacher là.

12h08 : je me contenterais même du kit pédicure vendu au supermarché et mis en évidence sur toutes les caisses. Sauf que c’est moi qui suis de corvée courses.

13h12 : peut-être qu’on fera un peu de shopping aujourd’hui. Les grumeaux ont besoin de jouets.

17h14 : toujours pas d’escapade solitaire de l’homme. Je commence à penser que ma cystite sera ma seule surprise de fête des mères.

19h27 : il est serein, il a du anticiper.

22h43 : c’est sûr, il a prévu quelque chose, il ne prendrait pas le risque d’oublier la fête des mères.

Quand je me lève, une demi-heure après les grumeaux et leur papa, il part en volant acheter le petit déjeuner. Jus de fruits frais, pão de queijo chaud et une amaryllis.

C’est joli et ça se trouve au coin de la rue, même le dimanche matin.

Une grasse matinée (toute relative), un petit déjeuner sur mesure, des fleurs, des grumeaux adorables et trop mignons, un homme aimant, pas de quoi se plaindre.

Et pourtant, j’espère vraiment qu’il n’oubliera pas l’année prochaine.

27.04.2010

Ingrats

Je pensais que par langue maternelle on entendait langue parlée par la mère et donc langue que spontanément les enfants parlaient. Pour moi, ça ne pouvait être autrement.

Je dois me rendre à l’évidence, ce n’est qu’une expression, dans la même veine que l’instinct maternel.

Ça avait pourtant pas trop mal commencé : nous avions eu les papa et maman dans les temps, nous nous en étions gonflés d’orgueil et avions fondu devant nos fils si merveilleux.

Et vlan, tout fout le camp : mes fils sont en train de dénigrer leur mère, en tout cas sa langue à elle qu’elle parle, avec plus ou moins de bonheur et de raffinement certes, mais ma langue à moi, pour une autre. Et qu’on ne vienne pas me bassiner avec la chance de grandir dans un environnement bilingue, moi ça me brise le leur quand mon fils m’appelle ‘mamãe’ (à prononcer ‘mamaille’ comme il sait très bien le faire).

A dix-huit mois mes fils privilégient la communication avec leurs copains plutôt que la relation sacrée avec leur mère. Les ingrats.

20.04.2010

Indifférence

Bientôt 7 heures qu’elle est installée sur mon bureau et toujours rien. Pas une seule remarque, pas un seul commentaire. Les gens sont-ils aveugles ?

J’étais si fière ce matin en l’installant sur mon bureau : une photo encadrée de mes fils. Délicate attention de leur père pour mon anniversaire, pour que je ne les oublie pas. Et donc qu’à travers eux je pense à lui forcément. Et peut-être aussi pour que je sois bien identifiée comme mère de famille. Bref l’homme marque son territoire à distance.

Qu’importe ! C’est fièrement ce matin que j’ai installé la photo sur mon bureau. Chercher la bonne place, pas trop en vue mais pas cachée non plus. Travaillant dans un open-space, j’imaginais déjà les foules s’arrêtant, chuchotant dans mon dos, se bousculant pour les apercevoir, criant leurs prénoms… ok, simplement s’arrêter sur leur chemin jusqu’à la machine à café pour me demander si c’était bien là mes enfants.

Voilà, il est déjà 15 heures et pas une seule remarque, pas de mouvement dans mon dos, rien. A croire que les gens sont intimidés par ces deux bouilles craquantes.

Si demain il y a aucune réaction, j’ajoute une photo.

14.04.2010

Course matinale

Version matin tranquille :

6h30 : mon réveil sonne.

6h32 : je suis sous la douche.

6h45 : les grumeaux se réveillent.

7h00 : ils ont pris leur biberon, j’ai avalé mon petit déj’.

7h15 : ils sont habillés.

7h30 : tout le monde est prêts, assis dans la voiture.

Version moins tranquille

6h08 : un grumeau se réveille.

6h12 : c’est sûr, il est réveillé.

6h13 : il semble hyper heureux de me voir.

6h20 : il prend son biberon.

6h30 : il a décidé de jouer au ballon pendant que je prends mon petit déj’.

6h40 : il faudrait que soit son père, soit son frère se réveille.

6h55 : je réveille le second grumeau.

7h07 : les grumeaux sont dans leur lit.

7h08 : je fonce sous la douche.

7h22 : zut, il y a une tache sur mon chemisier.

7h26 : il n’y a plus de chaussettes propres pour les grumeaux.

7h27 : tant pis, ils iront en tong à l’école.

7h28 : il nous manque une tong.

7h29 : finalement, elles ne sont pas si sales ces chaussettes.

7h31 : non, le doudou reste à la maison.

7h33 : non, vous n’appuyez pas sur tous les boutons de l’ascenseur.

7h35 : tout le monde est assis dans la voiture.

5 minutes de retard qui coutent une montagne d'énergie. Et quand ils seront trop grands pour rester dans leur lit ? Et trop petit pour comprendre que non, on ne doit pas grimper sur le canapé dans le but de s'accrocher aux cadres ?

07.04.2010

Transmition

Depuis la naissance de mes enfants, je souffre d’une étrange maladie : l’envie de transmettre. Si j’avais bien détecté quelques symptômes, je découvre chaque jour l’ampleur de la maladie.

Ça a commencé avec le baptême. Parce que franchement, avec mon homme, nous allons à peu près aussi souvent à la messe qu’à des tournois de bridge. S’il n’y avait pas les Noël en famille, je pense qu’on aurait même pu oublier les prières apprises le mercredi matin au caté. Mais voilà, c’était important pour nous que les grumeaux soient baptisés. Peut-être plus par tradition familiale et par envie de partager un beau moment autour d’eux, pour leur ouvrir un chemin, qu’ils suivront ou pas, que par véritable conviction. Ça pourrait s’arrêter là mais non.

Vendredi dernier, il était impensable pour moi que quiconque sous mon toit mange de la viande. Plus qu’un respect du vendredi saint, je voulais perpétuer une habitude familiale : même mon père respecte le vendredi saint, tradition de famille oblige.

J’aimerais qu’ils aient le temps d’entendre les excellentes expressions de mon grand-père, en occitan ou traduites, qu’importe. Parmi elles, mon insulte préférée au volant : ‘Achète toi un âne’. Ou l’exclamation ‘Macarel’, les fameux verbes ‘pétasser’ et ‘péguer’. Le temps passe vite, surtout pour un grand-père de 84 ans avec une vilaine tache aux poumons, alors à moi de ne pas les oublier.

J’ai envie que les grumeaux sachent que les oignons de Villemagne ne piquent pas les yeux. Enfin j’imagine car chez moi on se désole plutôt de ne pas avoir d’oignon de Villemagne quand on est en larmes dans la cuisine, face à un oignon aux origines incertaines.

Ils ne gouteront jamais les plats polonais de ma grand-mère. Il va falloir réparer ça, mettre mon père à contribution, tester les souvenirs de ma mère, garder une trace de ces recettes. Et dans quelques années, les faire participer à la fabrication de la confiture de prune familiale : les enfants au dénoyautage, les femmes au moulinage (oui pour faire la meilleure confiture de prunes au monde, il faut passer les fruits au presse-purée pour enlever la peau) et mon père, armé d’une gigantesque cuillère en bois, posté devant le chaudron.

Ce n’est qu’un début. Et il doit y en avoir autant du côté de mon homme. S’agit-il bien d’un cadeau pour mes enfants ou d’un fardeau dont nous allons les charger ?

01.04.2010

33

Un de mes collègues de travail s'est étonné d'apprendre que mon père travaillait encore.
Alors que les Guns and Roses passaient en concert ici, un petit jeune (25 ans) lance à un homme proche de la quarantaine :" C'est ton époque ça!"
En peu de temps, deux coups de massue... Parce que non, mon père n'est pas encore à la retraire. D'accord, une main devrait suffire à compter les années restantes mais il me donne quel âge mon collègue ?!
Et oui, November Rain et Welcome to the Jungle, j'ai écouté. C'était ma génération aussi et je n'ai pas 40 ans. Pour être tout à fait honnête, lors de la conversation sur G&R, je l'ai pas ramené. Point de solidarité avec les quadras, je n'avais pas envie d'être définitivement cataloguée "mamy".
Ça fait bien longtemps qu'on ne m'a pas proposé le tarif étudiant pour des visites de musées et on m'appelle 'Madame' sans hésitation.
J'ai la bizarre impression que le temps passe et que je ne me rends pas compte. Pourtant il doit laisser sa marque sur mon visage car les autres s'en rendent compte...
Aujourd'hui, j'ai 33 ans.
Et la principale différence que je perçoive par rapport à l'année dernière, c'est que cette année, mes fils me feront un vrai bisou. (enfin un truc qui s'en rapproche vachement si on aime les bisous bien baveux)

29.03.2010

Equlibre

Depuis plusieurs semaines, je cours après le temps. Le temps qui passe trop vite, le temps qui me manque, le temps que je ne passe pas avec mes fils et le temps que j’aimerais partager avec mon homme.

Ma situation n’a rien de pire que celle de nombreuses autres femmes. C’est juste un retour à la réalité de la vie un peu rude. Pendant un an, j’ai vécu sans aucune contrainte. Puis les grumeaux sont arrivés, ils sont devenus ma seule contrainte. Contrainte largement allégée par la présence d’une nounou. Après ces deux années tranquilles, j’affronte à nouveau la réalité du jonglage entre les contraintes professionnelles et les impératifs de maman, de femme. J’ai du mal à trouver mon équilibre. Mon homme a du mal à trouver un équilibre qui me convienne. Seuls les enfants ne semblent pas perturbés.

Aujourd’hui je suis tiraillée entre l’envie de m’investir pleinement dans mon job, comme un nouveau départ professionnel et le désir de ne rien louper de mes enfants, de ne pas saborder mon couple. J’aimerais croire qu’une deuxième chance s’offre à moi. Qu’après avoir tout abandonné pour suivre mon homme d’un continent à l’autre, la possibilité d’une véritable évolution professionnelle m’est offerte. Si tant est qu’elle fusse réelle, cette possibilité implique des choix difficiles, des renoncements, autant de temps et d’énergie que je ne consacrerai pas à ma famille.

Trop jeune pour renoncer, trop vieille pour espérer, pour croire encore qu’on peut tout avoir sans contrepartie, confuse, fatiguée, perdue…

Le week-end porte conseil… au moins, il va m’offrir du temps pour les grumeaux, l’homme et moi.


12.03.2010

Thérapie de groupe

Je suis en pleine découverte de mon nouveau boulot et des coutumes locales. Ce matin, attirée par l’animation et les éclats de rire en provenance d’une salle de réunion, j’ai rejoint ce bruyant groupe.

Au centre de la pièce, un pèse-personne sur lequel chacun monte, on note son poids  et on recommence la semaine suivante. Ayant assisté à quelques pesées, il m’est impossible de ne pas monter à mon tour sur la balance. 56,7 soit en gros mon poids de forme à 1 kilo près. Sauf que maintenant que mon nom est sur la liste, il faut ABSOLUMENT que je perde un peu d’ici à jeudi prochain.

Pour les plus mauvais élèves de cette semaine, on programme les menus pour la semaine prochaine et ils mangeront ensemble pour ne pas être inutilement tentés. Esprit d’équipe, thérapie de groupe, je ne sais pas trop. Par contre, j’ai clairement la pression pour la prochaine pesée.