03.12.2009

Peut-être

J’ai acheté un nouveau pantalon, impossible de respirer dans mes pantalons pré-grumeaux.

Je suis passée chez la retoucheuse pour qu’elle me fasse l’ourlet. J’avais même pensé à prendre les bonnes chaussures pour l’essayage.

J’ai étudié la carte et imprimé le plan d’accès, entré le numéro de téléphone dans mon portable.

Je vais aller chez la manucure.

J’ai passé des heures sur le net pour me renseigner sur l’entreprise, ses produits.

J’ai appelé une amie pour avoir quelques explications techniques.

J’essaie de me rassurer. De prendre confiance en moi. Je me dis que ça va marcher, qu’ils ont besoin de moi. Et moi d’eux. Je positive.

Demain j’ai un entretien pour un job. Le 4ème dans cette entreprise alors je commence à y croire. Pourvu que tout se passe bien.

26.11.2009

Sans

Il y a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui aura été sans.

Sans nounou, donc sans une minute de liberté. Une journée entière passée avec eux alors qu’il fait 35°C dehors et que donc la solution de facilité ‘jeux sur la plage’ est écartée.

Journée consacrée à eux alors que j’avais un cours de chant. Que j’avais prévu un peu de shopping, une séance épilation et une manucure. Rien de vital certes, juste les activités d’une dinde sans emploi.

Une soirée également en tête à têtes avec les grumeaux. Car l’homme est à un cocktail où je devrais être si la nounou n’avait pas oublié de venir aujourd’hui. Cocktail où j’espérais nouer des contacts pour mes recherches d’emploi.

Point de futilités donc. J’ai consacré une partie de mon après-midi à la visite des crèches du quartier. Ici, pas de problème de places, les tarifs sont assez sélectifs pour qu’il n’y ait pas de listes d’attente. Il y a la crèche abordable où on vous demande de débourser 320€ par enfant pour 4h30 par jour et celle par laquelle on vous réclame 600€ par enfant pour 6 heures par jour. Bien entendu, après avoir visité les deux, vous avez l’impression culpabilisante que si vous jouez les radins, vos morveux démarrent avec un sérieux handicap dans la vie. 600€ ça paraît beaucoup mais aujourd’hui j’aurais donné bien plus pour avoir deux heures de liberté sans mes enfants.

Une journée sans donc. Ou plutôt une journée avec. Avec eux.

19.11.2009

Le noir vous va si bien

Et ce n’est pas vrai uniquement pour la silhouette. Je viens de découvrir que l’effet slim du noir (ou des couleurs sombres) est également efficace sur les orteils.

Côté doigts de pied, je n’ai pas vraiment été gatée par mère nature. Si pour certaines c’est un atout charme, pour ma part, je fais partie de celles qui, sur la plage, enfoncent leurs pieds dans le sable. Mais ça, c’était avant. Avant de me lancer, d’oser parer mes orteils de couleur ! Finis les roses fadasses, les blancs transparents et autres beiges insipides. A moi la folie du bordeaux, du cognac, de l’opéra (je me demande bien où ils vont chercher les noms pour ces couleurs). Mes orteils s’affinent et s’affichent en technicolor.

Et qu’importe si le Elle nous calme le retour au nude. La couleur va bien à mes pieds et ça me fait du bien.

 

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Chaussures by Jelly.


18.11.2009

Blocage

Je bloque. Depuis plusieurs jours, impossible d’écrire trois lignes malgré les idées de note qui passent. Je voulais parler de la spécificité d’avoir des jumeaux, des arnaques marketing dans lesquelles je suis tombée en voulant le bien de mes rejetons, etc. Mais pour tout cela, il faut un minimum d’énergie que je n’ai pas en ce moment.

J’ai l’impression d’atteindre le bout du rouleau. Les grumeaux ont 390 jours et sur les 390 nuits passées depuis qu’ils sont là, je peux compter sur mes doigts celles qui ont été ininterrompues. Alors qu’il y a peu, j’ai naïvement cru que le problème était résolu, qu’ils avaient enfin grandi, patatra ! Deux nuits complètes seulement avant que ne reviennent les multiples réveils nocturnes. Le pire, c’est qu’ils se relaient les chenapans. Quand un décide de bien dormir, c’est l’autre qui fera la java toute la nuit. D’accord, j’exagère un brin. En fait de java, il s’agit de 2 ou 3 crises de larmes au milieu de la nuit. Une sucette perdue, besoin d’une caresse, de sentir une présence, que sais-je ! Le pédiatre parle d’angoisse de la séparation : les grumeaux auraient peur d’être abandonnés par leur mère. Théorie absurde inventée par des pédiatres hommes qui leur sert d’excuse, et en même temps à tous les autres hommes, pour ne pas se lever la nuit. A côté, l’affaire de Roswell, c’est de la conspiration de pacotille.

Bien sûr il y a les copines qui me disent de les laisser pleurer et peut-être que je n’attends pas assez longtemps avant d’aller les voir. Si la journée je n’ai aucun mal à laisser mes enfants pleurer, la nuit je trouve ça insupportable. Et puis je suis déjà réveillée, alors ça ne change pas le cours de ma nuit de me lever ou pas.

Si encore ils dormaient le matin, je pourrais compenser avec une grasse matinée. Mais mes petits lutins sont frais dès 6 heures du matin. Et sitôt le biberon englouti, ils partent pour une folle journée : tir de fils électriques, léchage de télécommande, tambourinage sur le laptop, etc. Après une demi-heure avec eux, moi aussi je suis parfaitement réveillée. C’est donc au cours de la journée que tout se gâte. Petit à petit, l’envie de dormir de plus en plus présente. Pire, la peur de m’endormir en sursaut. Et l’angoisse à l’idée de la fatigue supplémentaire accumulée par la journée (pas si terrible pourtant la journée grâce à la présence efficace de la nounou) qui fera que le soir venu, c’est une soirée sans saveur que je vais partager avec mon homme. Car tout autant que les nuits complètes, les moments avec lui me manquent…

C’est pour quand les nuits sereines ?

10.11.2009

20 ans

Il y a 20 ans, le mur de Berlin tombait.

Et je m’en souviens bien. J’ai des souvenirs nets d’il y a plus de 20 ans. Est-ce que c’est comme cela que l’on réalise que l’on vieillit ?

Quelques mois plus tard (contrairement à certains, je ne prétends pas avoir fait partie des privilégiés –ou visionnaires- présents ce jour-là à Berlin), je cassais un morceau du mur, à l’est, grâce au marteau de géologue de mon père. Petit fragment d’un monument tombé, il est depuis stocké dans la table de nuit dans ma chambre chez mes parents.

Dans 20 ans, qu’est-ce que ce morceau de béton représentera pour mes enfants ? Et que penseront-ils de leur mère qui était suffisamment âgée en 1989 pour se souvenir de cette année ?

04.11.2009

Un autre ?

Après avoir vécu les années ‘C’est pour quand ?’, je pensais qu’à partir du moment où les grumeaux débarquaient dans ma vie, je serai délivrée de La question. Point du tout, elle est suivie de La question2 : ‘Vous en voulez d’autres ?’. On ne sera donc jamais tranquille ?!

D’ailleurs, est-ce que j’en veux d’autres ? Dans l’absolu, peut-être. Sûrement même. Dans l’absolu. J’ai toujours trouvé que 3 enfants, c’était un bon chiffre. J’ai une sœur et un frère et globalement, j’ai trouvé ça sympa. C’est un peu léger comme argument. Suivant !

Je rêve d’avoir une petite fille. Jouer à la poupée, voir les grumeaux prendre soin de leur petite sœur. Donner une princesse à mon homme. Mais on ne choisit pas.

La vérité, c’est que j’adorerais avoir une fille mais je ne suis pas certaine de vouloir un troisième garçon. Peut-être qu’un jour je voudrais juste un troisième enfant, sans me soucier du sexe.

Pour n’importe quel couple normalement fertile, le débat s’arrêterait là. Pour nous, non. Reprendre les traitements, se reposer la question du nombre d’embryons à transférer (encore que là-dessus, on est bien en phase avec l’homme : des jumeaux, c’est génial mais plus jamais !), vivre l’angoisse de l’échec, etc.

Mon rêve, le vrai, serait d’une grossesse spontanée, miraculeuse. Une petite vie qui contre tous les pronostics s’inviterait. Le rêve…

28.10.2009

Un an

Nous avons fêté ça avec des amis, beaucoup d’amis. Une vingtaine d’enfants, tous aussi bruyants les uns que les autres. Je n’y tenais pas particulièrement mais il s’agit pratiquement d’une tradition locale. Limite j’ai eu l’impression que si je ne me pliais pas à cette habitude, la pire poisse allait coller aux basques de mes crapauds pour les 20 prochaines années.

Ils n’ont rien compris au concept de la bougie, pas plus qu’à celui des cadeaux. Par contre, ils ont profité des jeux d’extérieur loués pour l’occasion.

Ils ont un an et ne marchent toujours pas. J’ai toujours pensé qu’un enfant marchait à un an. Pas les miens. Je me sens un peu honteuse de ces deux paresseux mais leur trouve des excuses. Comme ils sont deux, on passe beaucoup moins de temps, deux fois moins à peu près, à se casser le dos pour tenir leurs petites mains accompagner leurs premiers pas dans tous les recoins de l’appartement. Mon dos est en vrac et mes petits attendent pour se lancer seuls.

Il y a donc un an, je devenais mère. Comme un aboutissement tant attendu. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Avec mes fils, j’ai découvert la fierté. Brute, envahissante mais tellement agréable. Et le bonheur simple et serein que peut apporter le rire en cascade de mes enfants.

Côté corps, malgré un poids revenu à son niveau d’avant traitement, j’ai du mal à reconnaître mon corps. Il y a ce ventre encore mou malgré les séances de footing, ce nombril qui n’a rien à voir à ce qu’était le mien, mes seins qui ne remplissent qu’à moitié mes soutien-gorge. Et puis un moral en dent de scie, partagée entre le bonheur de passer du temps avec mes enfants et la difficulté d’une vie de mère au foyer dont j’aimerais sortir. Petits tracas sans conséquence à côté du bonheur d’être mère. Et doublement.

16.10.2009

L'intrus

Je l’ai vu, il pointait droit sur ma tête. Fier qu’il était, unique parmi les autres. Je l’ai arraché pour en avoir le cœur net, pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une déformation du miroir, une distorsion des couleurs due à un mauvais éclairage de la salle de bain.

Horreur ! Une fois dans ma main je n’ai pu que constater l’évidence : j’avais bien un cheveu blanc. Je ne sais pas à quelle vitesse poussent ces choses là mais comme il mesurait bien 6 ou 7 cm, j’imagine que cela fait déjà plusieurs semaines que cet intrus squattait mon cuir chevelu.

J’ai 32 ans et demi et des cheveux blancs. Soyons honnêtes, je n’en ai débusqué qu’un seul mais je doute qu’il soit le seul. Il s’agissait juste du plus aventureux de la tribu des indésirables venu s’installer aux premières loges. Les autres vivent encore cachés, bien à l’abri derrière leurs confères fidèles à leur couleur d’origine eux.

J’ai bien demandé à mon homme d’évaluer, avec un regard objectif, l’étendu des dégâts. Mais à 8 heures le matin, dans l’ascenseur, l’objectivité de l’homme n’existe pas. Son instinct de survie est bien réveillé et il trouve la bonne réponse pour éviter une crise ‘j’ai-la-trentaine-des-cheveux-blancs-un-corps-que-je-ne-reconnais-pas’ et affirme que non, il ne voit absolument aucun autre intrus sur ma tête.

A 32 ans, les premiers signes de dégénérescence sont là. Un entretien plus régulier de ma coiffure s’impose, une remise à niveau régulière de mes mèches et le bonheur d’un coiffeur qui va fidéliser une nouvelle cliente.

14.10.2009

Pages après pages

Quand on vit dans un pays non francophone, difficile de trouver de bonnes lectures. Il fut un temps où ma valise revenait chargée de livres. Mais depuis l’arrivée des grumeaux, impossible ! Leurs affaires sont prioritaires. Et quand vous avez réussi à caser un transat, un babycook et 6 boites de lingettes, les seuls bouquins qui trouvent encore une place dans les bagages concernent les enfants.

Heureusement, j’ai récemment découvert la Bibliothèque Orange. Association créé en France et présente dans de nombreux pays. Sans faire de la publicité, je tenais juste à expliquer d’où proviennent les livres qui m’ont nourrie au cours des neuf derniers mois.

J’aimerais savoir parler des livres qui m’ont plu, m’ont bouleversée, que j’ai détestés mais voilà, je suis une piètre critique littéraire. Alors même si aucun commentaire transcendant n’accompagne cette liste, j’ai eu envie de la partager.

J’ai adoré :

- Un arc en ciel dans la nuit de Dominique Lapierre (Ed. Robert Laffont).

Je n’aurais jamais pensé me passionner pour l’histoire de l’Afrique du Sud. C’est pourtant en peu de temps que j’ai dévoré ce livre limpide et passionnant.

- Les matins de Jenine de Susan Abulhawa (Ed. Buchet Chastel)

Il y a des livres qui donnent envie d’en lire d’autres, d’en savoir plus. Des livres qui entrouvent une porte que l’on n’avait jamais poussée. Ces matins de Jenine, qui racontent l’histoire d’une famille palestinienne suite à la création de l’état d’Israël, en font partie.

- Le dernier des Weynfeldt de Martin Suter (Ed. Christian Bourgois)

Intrigue au cœur de la grande bourgeoisie suisse, j’ai accroché et je me suis même attachée à ce Weynfeldt.

 

J’ai aimé :

- Le garçon dans la lune de Kate O’Riordan (Ed. Joëlle Losfeld)

La mort d’un enfant, des secrets de famille, un livre très touchant qui m’a tenue éveillée tard dans la nuit.

- L’otage de Olav Larsen Hergel (Ed. Gaia)

La petite sirène xenophobe ?

- La sixième énigme de Yair Lapid (Ed. Fayard)

Une enquête policière en Israël.

- Un brillant avenir de Catherine Cusset (Ed. Gallimard)

Elena/Helen, de la Roumanie aux Etats Unis, le roman d’une vie.

- Disparue de Lisa Gardner (Ed. Albin Michel).

Un thriller au rythme soutenu, un peu classique cependant.

Inutile d’évoquer les livres que je n’ai pas aimés, que je n’ai même pas terminés, ce dont je ne me souviens plus aujourd’hui.

D’ici la fin de l’année, j’ai en stock la série des Millénium (quoi ? je suis la seule qui ne les a pas encore lus !?), un Le Clézio, un Rufin et quelques poches stockés au fond du placard pour les journées de disette.

08.10.2009

Just breathe


podcast
Depuis près de 15 ans maintenant, j'achète tous leurs albums. Généralement, le jour même de la sortie.

Pas cette fois : introuvable ici. Mais vite arrivé depuis la France.

Un coup d'oeil rapide au dos de la pochette et déjà l'envie d'écouter cette chanson en praticulier.

Soit Pearl Jam est très prévisible, soit je commence à bien connaître. L'essentiel est le frisson ressenti en l'écoutant.

En l'écoutant encore.

Encore...